French employers' association Medef's head Pierre Gattaz talks during his monthly press conference on October 14, 2014 at the Medef headquarters in Paris. AFP PHOTO / ERIC PIERMONT
French employers' association Medef's head Pierre Gattaz talks during his monthly press conference on October 14, 2014 at the Medef headquarters in Paris. AFP PHOTO / ERIC PIERMONT - AFP

SOCIAL Il veut que la France sorte d’une convention internationale obligeant les entreprises à justifier le motif du licenciement...

La machine à clash. Tel pourrait être le surnom de Pierre Gattaz, le patron des patrons. Après le Smic jeune, les 35 heures ou encore la suppression de certains jours fériés, le président du Medef crée à nouveau la polémique en proposant de sortir de la convention 158 de l’Organisation internationale du travail (OIT) qui oblige à justifier un licenciement.

Gattaz a présenté cette nouvelle idée dans un entretien accordé au journal libéral L’Opinion. D’après lui, sortir de cette convention permettrait de lever un obstacle à l'embauche en France: «la crainte des chefs d'entreprise de se trouver devant les prud'hommes s'ils rompent le contrat».

Si la France a signé cette convention 158 en 1982, l’Allemagne, souvent prise en exemple par le patronat français, ne l’a jamais ratifiée. Pour Gattaz en tout cas, la situation est telle qu’il «pense très sérieusement à une mobilisation» des chefs d'entreprise d'ici à la fin de l'année. 

«Les propositions provocatrices du Medef qui tirent tout le monde vers le bas»

Marylise Lebranchu, la ministre de la Fonction publique, est la première à avoir réagi en qualifiant cet appel de «très conservateur». «Retourner avant 1946, c'est un peu archaïque», a-t-elle estimé sur Sud Radio. D’après elle, Pierre Gattaz «est dans une logique du bas coût, du low-cost. Il faut faire extrêmement attention».

Elle a toutefois tempéré son propos en expliquant qu’elle n’accusait pas le patronat, affirmant rencontrer «beaucoup de chefs d'entreprise qui sont dans le droit du travail et remercient pour les aides à la compétitivité». «Je pense simplement que le président du Medef, à force de vouloir en rajouter à chaque interview, peut-être, retourne dans un passé très, très lointain», a conclu la ministre.

Pour Véronique Descacq, la numéro deux de la CFDT, la proposition de Gattaz est une «attaque inadmissible». «Les normes internationales du travail servent à éviter que les entreprises se fassent concurrence en mettant en cause les droits des salariés» et «en particulier la motivation des licenciements est un droit fondamental de base qui protège les salariés contre l'arbitraire», a-t-elle détaillé à l’AFP.

Ce droit «leur permet de se défendre au moment de l'entretien de licenciement et en cas de besoin, s'ils saisissent les tribunaux». La secrétaire générale adjointe de la CFDT a par ailleurs demandé au gouvernement «d'arrêter d'avoir une oreille trop tendre pour les propositions provocatrices du Medef qui tirent tout le monde vers le bas».

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