TRAVAIL – Les deux groupes passent à l’action, après le suicide de plusieurs employés…
«Une mission d’écoute et de compréhension» d’un côté, «un plan d’action» de l’autre. Les groupes EDF et Renault, tout deux confrontés à une série de suicides en quelques mois, ont décidé d’agir.
«Le PDG d'EDF, Pierre Gadonneix, a décidé de missionner deux dirigeants du groupe, afin de rassembler les éléments d'écoute et de compréhension sur la situation de la centrale nucléaire de Chinon (Indre-et-Loire). Ils devront ensuite élaborer des plans d'action», a indiqué ce mercredi Pierre Lallier, délégué CGT.
Quatre employés se sont suicidés en deux ans à la centrale. Le dernier, cadre de la centrale depuis dix ans, s’est donné la mort le 26 février, après avoir laissé une lettre adressée à l’entreprise.
Après ce suicide, les syndicats avaient déposé un avis de «danger grave et imminent» pour l’ensemble des 1.350 salariés du site. Une alerte qui a provoqué la tenue, mardi, d’un «comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) extraordinaire». C’est là qu’a été décidé la création d’une «mission d’écoute et de compréhension», composée du directeur des risques et de la directrice des ressources humaines du groupe.
Cette commission doit rendre son rapport «pour le 15 avril». «Nous sommes satisfaits du fait que pour la première fois depuis plusieurs mois, la direction prend acte d'une situation sur laquelle nous l'avons alertée à de multiples reprises et dont elle avait refusé jusqu'à présent de prendre acte de la gravité», a commenté Michel Lallier.
Le plan de Renault présenté jeudi
Du côté de Renault, le PDG Carlos Ghosn, nommément mis en cause dans la lettre-testament d’une des trois personnes qui
se sont suicidées ces quatre derniers mois au technocentre de Guyancourt (Yvelines), a décidé de lancer un plan d’action. Rédigé par le numéro 2 du groupe, Jean-Louis Ricaud et le directeur du technocentre, Michel Faivre-Duboz, il sera présenté jeudi en comité exécutif.
La direction a par ailleurs accepté la requête du CHSCT, le 5 mars, de commander une «expertise complète» à deux organismes indépendants. Les travaux pourront durer plusieurs mois. Au total en deux ans, cinq salariés du Technocentre ont tenté de mettre fin à leurs jours, dont quatre sur le site. L'un d’eux en a réchappé.
Catherine Fournier (Avec AFP)