Salaire: Les augmentations seront faibles en 2015

REMUNERATION Les hausses de salaires resteront modérées l'année prochaine...

C.B.

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Illustration bulletin de salaire.

Illustration bulletin de salaire. — Philippe Huguen AFP

Vous espérez décrocher une bonne augmentation l’année prochaine? C’est possible, mais la négociation s’annonce difficile. Car les employeurs prévoient de hausser modérément les salaires de leurs collaborateurs en 2015, révèlent deux études publiées cette semaine.

Quelles sont les prévisions pour 2015?

Les entreprises projettent de relever les salaires de 2% en moyenne en 2015, affirme le cabinet de conseil Altedia (1). Les prévisions du cabinet Deloitte (2) sont légèrement plus optimistes: d’après lui, les entreprises tableraient sur une augmentation de 2,7% pour celles réalisant un chiffre d’affaires (CA) de moins de 100 millions d’euros et de 1,9% pour celles dépassant les 500 millions de CA. 

Les augmentations seront donc relativement faibles et sont toujours très éloignées de celles qui se pratiquaient avant la crise de 2008. Mais cette modération est à comparer à l’inflation, qui devrait rester faible l’an prochain, autour de 0,9%, selon les projections du gouvernement.

Quid des augmentations en 2014?

D’après Altedia, les augmentations (générales et individuelles) ont été de 1,9% cette année. Mais d’après l’Observatoire 2014 de la rétribution de Deloitte, elles ont atteint 2,6% (2,4% pour les non-cadres, 2,6% pour les cadres et 2,8% pour les cadres supérieurs).

En tout cas, les deux cabinets font la même analyse: les augmentations générales continuent de diminuer, tant pour les cadres (+0,7% contre +1,1% en 2013 pour les cadres, +1,1% contre +1,3% pour les autres catégories), précise Altedia. A contrario, les enveloppes distribuées au mérite individuel en 2014 se sont maintenues pour les cadres (à +1,8%) et ont augmenté davantage que l'an dernier pour les non-cadres (+1,4% après +1,2% en 2013).

Qui sera augmenté?

Deux profils pourraient tirer leur épingle du jeu l’an prochain: les hauts potentiels et les bas salaires, «qui sont mis en exergue pour sept sociétés sur dix», selon l’étude du cabinet Deloitte. 

«Pour un bas salaire, une hausse de seulement 10 ou 20 euros par mois fait déjà la différence, tandis que les hauts potentiels sont stratégiques pour des entreprises qui doivent maintenant améliorer leur performance pour augmenter leur chiffre d’affaires après avoir longtemps réduit leurs coûts», explique Philippe Burger, associé Capital humain chez Deloitte.

Les femmes pourraient aussi profiter des efforts menés par certaines entreprises pour réduire les écarts de rémunération avec leurs collègues masculins. Rappelons que les écarts de salaire hommes-femmes, à responsabilité égale, atteignent 2,6% pour les non-cadres, 4,5% pour les cadres et 7,1% pour les cadres supérieurs.

(1) Altedia a établi ses prévisions sur la base d'une enquête réalisée entre juin et septembre auprès de 350 sociétés issues de sept grands secteurs d'activité (industrie, grande consommation, assurance, banque, informatique, transport et logistique, institutions de retraite et prévoyance).

(2) L’étude de rémunération de Deloitte repose sur un panel de plus de 350 entreprises et 750.000 données individuelles de salaire au sein de neuf secteurs d’activité (distribution, grande consommation, assurance, finance, industrie de la santé, industrie de transformation, hi-tech, énergie et services).

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