Etal de fruits et légumes
Etal de fruits et légumes - Philippe Huguen AFP

La Commission européenne a annoncé lundi le déblocage de quelque 125 millions d'euros pour soutenir le secteur maraîcher de l'Union européenne, frappé par l'embargo russe d'un an sur les produits alimentaires occidentaux.

La Commission européenne a annoncé lundi le déblocage de quelque 125 millions d'euros pour soutenir le secteur maraîcher de l'Union européenne, frappé par l'embargo russe d'un an sur les produits alimentaires occidentaux.

Entrant en vigueur à partir de lundi, ces mesures de soutien du marché via des retraits indemnisés de produits concernent les carottes, tomates, choux blancs, poivrons, choux-fleurs, concombres, cornichons, champignons, pommes, poires, fruits rouges, raisins de table et kiwis, a précisé la Commission dans un communiqué.

«Le budget prévu est de quelque 125 millions d'euros» a précisé dans un point de presse le porte-parole de la Commission pour l'agriculture, Roger Waite. «L'idée est de réduire les quantités mises sur le marché pour que les prix ne chutent pas à un niveau de crise», a-t-il relevé.

«Tous les cultivateurs des produits concernés, qu'ils appartiennent ou non à des organisations de producteurs, seront éligibles», a pour sa part précisé le commissaire à l'Agriculture, Dacian Ciolos

Une fois formalisées, d'ici quelques semaines, les mesures s'appliqueront de manière rétroactive à partir du 18 août et resteront en vigueur jusqu'à fin novembre. Grands fournisseurs de légumes périssables et de fruits à la Russie, la Pologne, la Lituanie, la Belgique et les Pays-Bas seront les principaux bénéficiaires de ce soutien, a précisé une source européenne.

Une réunion exceptionnelle des ministres de l'Agriculture est par ailleurs prévue le 5 septembre à Bruxelles pour faire le point sur l'impact de l'embargo russe, a ajouté M. Waite, soit trois jours plus tôt que la date évoquée initialement par la présidence italienne de l'UE.

La Commission a décidé de recourir à ces mesures d'urgence, qu'elle peut financer via une réserve de crise de plus de 420 millions d'euros par an, en raison de l'absence de débouchés alternatifs pour les produits périssables concernés, frappés par l'embargo «en pleine saison de récolte».

Le dispositif prévoit d'accroître de 5 à 10% le volume des produits pouvant être retirés des marchés et d'indemniser les producteurs à hauteur de 50% à 100%, selon que le produit est commercialisé sous une autre forme, n'est pas récolté ou est distribué gratuitement.

La Commission a indiqué qu'elle «n'hésiterait pas à soutenir d'autres secteurs», notamment fromages et viandes, frappés par l'embargo.

Les premières estimations chiffrent à quelque 5,2 milliards d'euros les exportations agricoles concernées. La Commission a mis en place un mécanisme renforcé de surveillance des marchés pour pouvoir réagir «étape par étape», sans céder à d'éventuelles surenchères des producteurs et États touchés.

«Le plan A consiste à trouver des marchés alternatifs» aux débouchés russes, a souligné un source européenne.

Le ministre allemand de l'Agriculture, Christian Schmidt, a pour sa part prédit un «impact plutôt faible», relevant que la Russie ne peut à elle seule satisfaire que 60% de ses besoins alimentaires.

Les ministres des Affaires étrangères de l'UE n'en ont pas moins décidé d'entamer des démarches diplomatiques pour convaincre les pays tiers -- Amérique latine, Egypte ou Turquie notamment - de ne pas tenter de profiter de l'aubaine pour rafler les marchés russes.

D'une durée d'un an, l'embargo russe concerne le bœuf, le porc, la volaille, le poisson, le fromage, le lait, et les fruits et légumes en provenance de l'UE, des États-Unis de l'Australie, du Canada et de la Norvège. Il constitue une mesure de rétorsion aux sanctions internationales visant Moscou pour ses atteintes à la souveraineté de l'Ukraine.

Mots-clés :