Hans Anders prend ses marques en France

ECONOMIE- Le géant de l’optique discount veut ouvrir 50 nouvelles boutiques d’ici 2016…

Souhir Bousbih

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 Une enseigne Hans Anders, à Chambray-lès-Tours

 Une enseigne Hans Anders, à Chambray-lès-Tours —

 On n’a pas fini d’entendre parler optique en France. Alors que la loi Hamon, adoptée en décembre, libéralise le secteur pour infléchir le prix des lunettes et des lentilles, le groupe néerlandais d’optique low-cost Hans Anders veut surfer sur le créneau et tisser sa toile en France…

Diviser le prix des lunettes par deux

Implanté sur le territoire depuis 2006, le groupe vient d’ouvrir sa 50ème boutique à Grenoble. Et ne compte pas s’arrêter là: «Il ya une vraie appétence du marché en France et une volonté des autorités publiques d’instaurer des plafonds. Sur ce créneau là, nous avons cinq ans d’avance » avance François-Xavier Jombart, directeur général de la filiale en France. Hans Anders propose en effet de diviser par deux le prix moyen des lunettes, estimé à 470 euros: «Nous proposons des équipements à 225 euros, montures et verres compris» poursuit le directeur.

 

Pour parvenir à ce tarif, le groupe dit s’appuyer sur une stratégie en quatre points: un budget de publicité minime (20 euros par paire, contre « 60 » chez les autres opticiens), des boutiques plus petites, un partenariat privilégié avec un fournisseur japonais concurrent d’Essilor, Hoya, et l’absence d’ateliers de «taille» dans les boutiques. « Nous recevons les verres déjà taillés, ce qui nous permet d’économiser 30000 euros de matériels par magasin » explique Cedric Roech, opticien chez H. Anders.

 

Des lunettes au rabais ?

Une méthode qui n’impressionne pas Benjamin Blaise, responsable achats montures de marques internationales d’Optical Center, 5ème enseigne optique et audition en France: «Cela fait 23 ans qu’Optical Center vend des lunettes de marque à 150 euros, tout compris. Ce que propose Hans Anders n’est pas nouveau, nous offrons aussi la qualité au prix le plus bas depuis longtemps». Les deux groupes ont d’ailleurs un point commun: leur fournisseur en verre.

 

Un fournisseur que fustige le directeur général délégué d’Atol, Philippe Peyrard: «Nous travaillons avec le premier verrier mondial, Essilor, dont les usines sont basées en France. Je suis plus que dubitatif quant à la qualité des verres et de montures produits en Chine ou en Thaïlande. On peut avoir des produits compétitifs si on ferme les yeux sur certaines choses…». Le directeur critique également l’absence d’ateliers chez son concurrent néerlandais: «Nos lunettes sont montées par des opticiens et réglées au millimètre près. Quand les montages sont effectués à distance, le résultats est plus approximatif» poursuit-il.

 

La guerre des opticiens est lancée. Il faut dire que les enjeux économiques sont importants : en 2012, le chiffre d’affaires français du marché de l’optique était supérieur à 5, 7 milliards d’euros. À titre d’exemple, Optical Center affichait un chiffre d’affaires en 2013 de 408 millions d’euros et Hans Anders environ 400 millions. Alain Affelou, le 1er réseau d’optique franchisé d’Europe, est loin devant avec en 2012 un CA de 800 Millions…

 

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