Cheri Bibi crée des chapeaux pour les grandes maisons de luxe
 Cheri Bibi crée des chapeaux pour les grandes maisons de luxe - / Cheri Bibi

SAVOIR-FAIRE Alors que la Semaine de l’artisanat se tient jusqu’au 21 mars, «20 Minutes» a rencontré trois artisans exportateurs…

«Nous avons lancé notre marque en pleine crise économique et nous avons vite compris que nous ne pouvions pas nous contenter de vendre nos produits en France.» Comme un exportateur tricolore sur trois, Katell Perrot est à la tête d’une entreprise artisanale. En 2011, elle a créé, avec son associé, Toofruit, spécialisée dans la fabrication de produits dermatologiques et de soin destinés aux enfants (6 à 12 ans). Comme des dentifrices à la fraise, des gelées ananas-coco ou encore des crèmes nourrissantes à la grenade et à la myrtille. Le tout, garanti 100% bio.

Aujourd’hui, Toofruit écoule 70% de sa production en Asie, au Moyen-Orient, aux Etats-Unis ou encore en Russie. «Finalement, nous arrivons bien plus à convaincre à l’export. Le fait d’être une petite marque artisanale française, avec tout ce que ça véhicule de sérieux et de luxe, joue en notre faveur.»

«Quand tu proposes le bon produit au bon client, tout va très vite»

Pierre Soler-My a lui aussi visé tout de suite l’international lorsqu’il a créé, avec son frère, Carbonex, spécialiste de la fabrication de charbon de bois pour barbecue. C’était en 1993. «Nous avions appris l’anglais à l’école et nous avons rapidement maîtrisé d’autres langues… C’est le meilleur moyen de s’ouvrir des portes.»

Carbonex vend désormais son charbon de bois en France, mais aussi en Allemagne, au Benelux, en Scandinavie, en Pologne et même en Corée du Sud et au Japon. «Les Français ont la réputation d’être un peu arrogants, mais aussi d’offrir de bonnes solutions techniques. Et quand tu proposes le bon produit au bon client, tout va très vite, même à l’international», sourit Pierre Soler-My.

C’est également grâce à la qualité de ses produits que Cheri Bibi séduit les grandes marques du luxe. Cette entreprise spécialisée dans la confection de chapeaux livre Balenciaga en Italie. Mais aussi les grandes maisons françaises, telles Dior ou Louis Vuitton. «Nous ne gérons pas directement l’export, mais ces marques envoient nos chapeaux dans toutes leurs boutiques», détaille Marie-Claire Barban. Ses couvre-chefs made in Corrèze se retrouvent ainsi sur les têtes des Américains ou des Asiatiques. Mais surtout, des Russes, des Chinois, des Indiens ou encore des Pakistanais.

«Des artisans du XXIe siècle»

Pour gagner des marchés à l’international, Toofruit s’est fait aider par la Chambre de métiers, qui organise jusqu’au 21 mars la Semaine nationale de l’artisanat. «Notre stratégie a été de passer par les salons professionnels et l’aide de la Chambre a été précieuse: elle nous a vraiment accompagnés, financièrement aussi. Cela correspond à sa politique: développer l’artisanat français à l’export est l’une de ses priorités», analyse Katell Perrot.

Et si les artisans français partent à la conquête de la planète, c’est le monde qui les pousse parfois à être plus innovants. «A l’origine, notre activité était vraiment très artisanale, avec un four qui fume et des pelles… Elle était aussi gourmande en main-d’œuvre. Alors, rapidement, la grande distribution a choisi de s’approvisionner à l’étranger, pour payer moins cher, raconte Pierre Soler-My. Nous sommes nous aussi devenus importateurs, mais nous avions envie de trouver le moyen de produire à nouveau en France.»

Pour y arriver, Carbonex a dû relever deux défis: être plus compétitif et plus respectueux de l’environnement. «De jeunes ingénieurs se sont penchés sur notre activité et nous avons découvert que nous pouvions produire de l’électricité avec nos fumées de carbonisation. Comme il s’agit d’une énergie renouvelable, nous pouvons la revendre à EDF et il redevient du coup rentable pour nous de produire en France notre charbon de bois», se réjouit Pierre Soler-My.

Avant d’ajouter: «Notre métier est artisanal, même si la technologie que nous utilisons ne l’est plus… Nous sommes des artisans d’un genre nouveau… Des artisans du XXIe siècle.» 

L’artisanat en France

Les activités artisanales (bâtiment, alimentation, fabrication, services) emploient 3,1 millions de personnes, un million d’apprentis et réalisent un chiffre d’affaires de 300 milliards d’euros.  

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