Abandon du nouveau logiciel très onéreux de paye des fonctionnaires

BUDGET Le gouvernement a décidé d'abandonner le nouveau logiciel de paie des fonctionnaires, qui a déjà coûté 230 millions d'euros. Les syndicats avaient dénoncé un «gouffre financier»...

avec AFP

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Le ministère de l'Economie et des Finances, le 9 août 2013 à Paris

Le ministère de l'Economie et des Finances, le 9 août 2013 à Paris — Bertrand Guay AFP

Nouveau fiasco informatique. Le gouvernement a décidé d'interrompre le développement d'un logiciel de paye des fonctionnaires qui a déjà coûté plus de 230 millions d'euros, mais table sur des économies de «600 millions d'euros sur les dix années à venir», a indiqué lundi à l'AFP le ministère du Budget. Fin 2013, le gouvernement avait déjà annoncé l'abandon du système informatique de paiement des soldes des militaires initié en 2010, le système Louvois, en raison de dysfonctionnements.

L'idée d'un opérateur national de paye (ONP) avait été lancée en 2007 pendant la présidence de Nicolas Sarkozy. Ce service devait à terme devenir le prestataire unique et centralisé de la paye des quelque 2,4 millions d'agents de l'Etat, et devait permettre de réduire les effectifs consacrés au traitement de la paye, alors évalué à quelque 12.000 agents.

Réorienter le projet pour éviter les risques

Mais, a expliqué le ministère du Budget, «la solution technique retenue à l'époque d'un nouveau calculateur unique présentait des risques. Donc dès l'été 2012, quand nous sommes arrivés aux responsabilités, nous avons lancé un audit».

Un rapport rendu récemment sur le sujet «préconise de réorienter le projet car les tests réalisés présentaient des risques sur les payes et des coûts qui allaient être dépassés et très élevés», a ajouté le ministère. Donc «le gouvernement a décidé d'arrêter les frais», a-t-on poursuivi de même source, précisant que le projet avait déjà coûté «entre 235 et 290 millions» selon qu'on compte ou non les dépenses de personnel.

Un «exemple d'économie et de sécurité des agents»

«Nous allons économiser 600 millions d'euros sur les dix années à venir en abandonnant ce projet», a assuré le ministère du Budget, y voyant un «exemple d'économie et de sécurité des agents».

D'après le ministère, le gouvernement privilégiera désormais une «approche plus réaliste, plus pragmatique et à moindre coût pour sécuriser et améliorer la gestion des payes» et les quelque 215 agents qui travaillaient dans le service seront notamment réorientés vers d'autres missions de modernisation».

Dans un communiqué, le syndicat FO finances a estimé pour sa part que l'échec de ce projet était «un gouffre financier» et a fait part d'inquiétudes pour l'avenir des agents concernés.

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