Comment l’entrepreneuriat Web donne un nouvel élan aux femmes

ENTREPRISE A l’occasion de la journée des droits de la femme organisée ce samedi 8 mars, de jeunes créatrices de start-up témoignent…

Bertrand de Volontat

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Jeune femme travaillant sur un ordinateur, illustration.

Jeune femme travaillant sur un ordinateur, illustration. — ANSOTTE/ISOPIX/SIPA

Carrière, salaire, conditions de travail, sur la question de l’égalité professionnelle, la France a encore du chemin à parcourir. Chaque année les Françaises doivent par exemple travailler 79 jours de plus que les hommes pour gagner autant qu’eux, selon la Commission européenne. Pour lutter contre ces déséquilibres, certaines choisissent une voie différente, celle de l’entrepreneuriat en devenant leur propre patronne. Des initiatives boostées par le secteur de l’économie numérique et encouragée par les pouvoirs publics qui investissent et organisent de nombreuses événements.


De nouvelles initiatives

«Il faut foncer, de nombreuses initiatives sont prises actuellement dans le sens des femmes entrepreneurs, explique Audrey, créatrice du projet I Wheel Share et finaliste du concours pour entrepreneurs Biilink. Avec le Web, c’est une véritable prise de conscience de la part des Français avec de nouveaux événements, dédiés aux femmes qui n’existaient pas avant, comme par exemple celui organisé par Microsoft France en septembre dernier. Cela prouve que nous sommes tout à fait compétentes.»

Et les initiatives ne manquent pas au niveau gouvernemental non plus. En marge de son projet de loi du 28 janvier sur l’égalité femmes-hommes dans les entreprises, la ministre du droit des femmes, Najat Vallaud-Belkacem vient notamment de lancer un portail dédié, ellesentreprennent.fr ainsi que des études statistiques sur les créatrices d’entreprise.

La vague digitale

Ces entrepreneurs profitent d’autre part de la vague digitale, porteuse de nouvelles professions, comme développeurs Web. A l’occasion de la journée des droits de la femme ce 8 mars, la nouvelle fabrique parisienne d’entrepreneurs Simplon.co organise ainsi une semaine qui leur est consacrée, la Chabadabada Week.

«Avec 40 % de femmes dans sa première promotion, Simplon.co veut promouvoir les femmes dans le code et accompagner toujours plus haut les femmes de la French tech», affirment les organisateurs. Loin de jouer la carte militante, ces nouveaux accompagnateurs de créatrices de start-up veulent agir pour l’égalité et la parité, à l’image de la semaine de la sensibilisation des jeunes à l’entrepreneuriat féminin organisée ce mois de mars par l’APCE.

Une reconnaissance assurée?

«L’entrepreneuriat Web offre une meilleure équité, une plus grande sensibilité dans les rapports humains. Aussi une plus grande motivation, analyse Lavanya, porteuse du projet Garde Hurry, aussi finaliste du concours Biilink. Il n’y a pas le stress qui peut exister en entreprise quand on veut à la fois évoluer et tenir son rôle de mère».

Internet offre ainsi selon elle une vraie libération aux femmes, car «nous prenons de l’assurance et ne sommes pas obligées de faire notre place comme dans une entreprise classique». En quête d’expériences originales, les créatrices de start-up trouvent enfin avec le Web un parcours sortant de l’ordinaire. «A l’extérieur, je ressens un intérêt de la part des autres, je ne suis pas une salariée lambda, poursuit Lavanya. Le Web offre une possibilité de reconnaissance que même avec mon doctorat, en France, il est parfois difficile d’avoir.»

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