Etre célibataire, un mauvais calcul fiscal

SOCIETE Les personnes vivant seules sont bien souvent pénalisées par la fiscalité. Une association demande à revoir les règles de calcul des parts fiscales…

Audrey Chauvet

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Plus de six Français sur dix ont constaté une hausse de leurs impôts locaux et de leur impôt sur le revenu en l'espace d'un an, révèle un sondage Ifop à paraître dans Sud Ouest Dimanche.

Plus de six Français sur dix ont constaté une hausse de leurs impôts locaux et de leur impôt sur le revenu en l'espace d'un an, révèle un sondage Ifop à paraître dans Sud Ouest Dimanche. — Joel Saget AFP

«Si on a créé le Pacs et le mariage pour tous, c’est bien que c’est désavantageux d’être seul.» La démonstration est limpide pour Ulla Anderson, présidente de l’Union nationale des groupes d’action des personnes qui vivent seules (Unagraps). Militante depuis plusieurs années pour défendre les portefeuilles des célibataires, elle va remettre ce mardi une lettre aux députés pour leur demander d’accorder une part et demie aux personnes vivant seules.

«La personne vivant seule et le couple sans enfant ont sensiblement les mêmes coûts fixes : logement, abonnements, consommations d’électricité et de gaz, achat d’équipements de base… détaille Ulla Anderson. Cependant, à cause de la fiscalité qui accorde deux parts fiscales au couple et une seule part au solo, le niveau de vie de ce dernier est de 12 à 34% inférieur à celui de la personne vivant en couple.» Pour l’association, le principe «une personne, une part; deux personnes, deux parts» n’a pas de sens : avec un autre mode de calcul, celui des «unités de consommation», l’Insee a estimé qu’un couple atteignait le même niveau de vie qu’un célibataire avec des revenus représentant 1,5 fois ceux du célibataire et non deux fois. Par exemple, un couple vivant dans 40m² aura un loyer qui sera inférieur à deux fois celui du célibataire vivant dans 30m².

La famille, le modèle dominant

L’Unagraps dénonce également certaines déductions fiscales qui sont simplement divisées par deux alors que leur objet ne l’est pas : «Pour l’achat d’une chaudière écologique, le montant des dépenses ouvrant droit au crédit d’impôt est de 8.000 euros pour un célibataire, 16.000 euros pour un couple. Le solo achèterait donc une demi-chaudière ? » s’indigne Ulla Anderson.  

Alors que 38,8% des Français de plus de 15 ans étaient recensés comme «célibataires» par l’Insee en France en 2012, la famille reste le modèle dominant sur lequel est assise la fiscalité, dénonce l’Unagraps. Parallèlement, les agences de voyages continuent à pratiquer des «suppléments single» et les industries de l’agro-alimentaire redoublent d’idée pour vendre des portions individuelles plus chères que les gros conditionnements. «Le mythe du célibataire riche perdure, regrette Ulla Anderson. Si aujourd’hui les mentalités ont évolué sur le Pacs ou le mariage pour tous, il faut qu’elles évoluent aussi pour les célibataires.»

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