Photo illustrant une famille.
Photo illustrant une famille. - FRED DUFOUR / AFP

SOCIAL – L'annonce de la suppression des cotisations familiales versées par les entreprises entraîne un manque à gagner de 30 milliards d'euros...

Ca a été l’une des annonces majeures de François Hollande la semaine dernière: à partir de 2017, les entreprises ne payeront plus de cotisations familiales.

Cette décision privera du coup la branche Famille de 30 milliards d’euros par an, soit plus de 60% de son budget -les 40% restants provenant de la contribution sociale généralisée (CSG) et de différents impôts et taxes (tabac, alcools, taxe sur les salaires, etc.). Rappelons que la branche Famille finance, par exemple, les allocations perçues par les familles dès le deuxième enfant, l’allocation de rentrée scolaire, le congé parental mais aussi l’aide au logement ou encore l’allocation aux adultes handicapés.

Jean-Louis Deroussen, président de la Caisse nationale d'allocations familiales (Cnaf), ne cache pas son inquiétude: «On se préparait à une diminution des cotisations des entreprises, mais d'ici 2017, que cela passe à zéro, ce n'est quand même pas quelque chose auquel on s'attendait de façon aussi brutale».

«Comment l’Etat va t-il compenser sur un temps aussi court et sur des montants aussi massifs une telle perte de recettes? Si cela se traduit par moins de prestations, moins de services, moins d’aides, ce sont au final les familles qui subiront de plein fouet cette mesure!», a également réagi l’Union nationale des associations familiales (UNAF).

Des économies dans les dépenses de santé

D’après la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine, les familles n’ont pas à s’inquiéter, elles continueront à bénéficier des mêmes prestations et les 30 milliards manquants seront trouvés ailleurs. Mais où? A priori, dans le CICE, un crédit d’impôt dont bénéficient les entreprises depuis janvier 2013. Celui-ci pourrait être supprimé, ce qui redonnerait à l’Etat environ 20 milliards par an.

Reste encore 10 milliards à trouver, et «certainement pas dans des hausses d’impôts», affirme encore la ministre, qui évoque plutôt des économies dans les dépenses de la sécurité sociale (diminuer la consommation de médicaments, accroître la part des génériques, favoriser les hospitalisations de jour, etc.) et de la fonction publique (Etat et collectivités locales). 

Les associations redoutent que le compte n’y soit pas et que les aides aux familles, déjà rabotées l’an dernier, en pâtissent. «Depuis un an, la politique familiale fait l’objet d’un plan sévère d’économies. L’Insee annonce une baisse du taux de fécondité en France, sous le seuil symbolique de deux enfants par femme, une première depuis 2008: c’est un avertissement! Sur le plan économique, une baisse de la natalité pèserait sur la consommation, l’emploi, la croissance et sur les retraites futures», s’inquiète encore l’UNAF. 

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