30 milliards d'euros de baisse de charges pour doper la croissance

ECONOMIE François Hollande s'est prononcé pour «la poursuite de l'allègement du cout du travail»...

avec AFP

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M.Libert/20 Minutes

François Hollande, président des entreprises : acte 2. Le chef de l'Etat a annoncé mardi la fin des cotisations familiales sur les entreprises afin de «poursuivre l'allègement du coût du travail» et faciliter les embauches, affirmant que le gouvernement engagerait sa responsabilité sur le «pacte» qu'il veut signer avec les patrons.

Dans son propos liminaire lors de sa conférence de presse, François Hollande s'est prononcé pour «la poursuite de l'allègement du cout du travail». Il a rappelé que ce processus avait été engagé en novembre 2012 avec le Crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) qui se traduira, a-t-il dit, par une baisse de charges cette année représentant 4% de la masse salariale et 6%" à partir de 2015, soit 20 milliards d'euros de moins.

«La condition pour que les entreprises retrouvent de la marge»

«Je fixe un nouvel objectif: d'ici 2017, pour les entreprises et les travailleurs indépendants, que ce soit la fin des cotisations familiales», a déclaré François Hollande. La part payée par l'employeur pour les cotisations familiales est aujourd'hui de 35 milliards d'euros. Selon le chef de l'État, c'est «la condition pour que les entreprises retrouvent de la marge», «le taux de marge en 2012» étant «le plus bas de son histoire».

Dans le détail, a précisé le chef de l'Etat, à partir de 2016, les entreprises devront décider si elles souhaitent poursuivre avec le CICE auquel s'ajouterait un nouvel allègement de cotisations patronales ou mixer les deux en une baisse générale de charge équivalente à environ 30 milliards d'euros. «L'équivalent des cotisations familiales, 30 milliards, devra être trouvé pour baisser les charges des entreprises en contrepartie des emplois qui seront créés», a déclaré le président.

Pour une croissance «vigoureuse»

«En 2014, l'enjeu n'est pas simplement que la France retrouve la croissance: elle se dessine. C'est que cette croissance soit la plus vigoureuse possible», a-t-il expliqué. «Nous n'y parviendrons qu'avec la mobilisation de tous et notamment des entreprises sans lesquelles il ne peut y avoir de créations d'emplois dans la durée», a-t-il expliqué. Toutefois, a-t-il assuré, il n'y aura pas de «transfert de charges des entreprises vers les ménages», qui, -a-t-il dit, «ne le supporteraient pas».

François Hollande avait annoncé le 31 décembre qu'il proposait aux entreprises un «pacte de responsabilité» fondé sur «un principe simple: moins de charges sur le travail, moins de contraintes sur leurs activités et, en même temps, une contrepartie, plus d'embauches et plus de dialogue social». Il a affirmé que le gouvernement engagerait sa responsabilité devant l'Assemblée nationale sur un document qui «formalisera les engagements» du pacte de responsabilité proposé aux entreprises et «les modalités de suivi des contreparties».

«Le pacte de responsabilité est une chance. (...). Aucune élection intermédiaire ne doit nous paralyser, c'est maintenant que la France doit rebondir pour repartir», a plaidé le président à deux mois des élections municipales. Le chef de l'État a précisé le calendrier: le 21 janvier, le pacte de responsabilité sera «officiellement lancé». Le chef de l'État a également annoncé la création d'un «Conseil stratégique de la dépense publique» qui se réunira "chaque mois" autour de lui pour évaluer les politiques publiques.

Une «nouvelle méthode»

Il s'agit, selon le président de la République, d'une «nouvelle méthode»: «Plutôt que de faire des coupes budgétaires aveugles, comme ça a pu être le cas par le passé, et indifférenciées et donc injustes, je propose de mener des réformes structurelles et de redéfinir les principales missions de l'État et de revoir nos mécanismes de redistribution pour les rendre plus justes, plus écologiques et plus efficaces».

Il a rappelé qu'en 2014 le pays allait réaliser «15 milliards d'économies» mais qu'il en restait, «entre 2015 et 2017, au moins 50 milliards de plus» à faire. «C'est beaucoup, ça n'a jamais été fait», a souligné le président, «c'est l'équivalent de 4% de l'ensemble des dépenses collectives, 4% seulement».

«Une loi de programmation de nos finances publiques et sociales sur la période 2015-2017» sera «votée à l'automne». Elle sera en cohérence avec ce qui sera décidé dans le cadre du pacte de responsabilité mais aussi de la remise à plat de la fiscalité notamment pour les ménages, qui a été engagée par le Premier ministre, parce que «tout cela forme un bloc», selon François Hollande.

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