Les dessous français touchent le fond

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Publié le 4 décembre 2006.

Délocalisation chez Well, suppression de 450 postes sur chez Dim et Playtex… Les producteurs de collants et de lingerie souffrent de la concurrence asiatique

Ils étaient près de 150 à manifester devant le siège social de Dim mercredi après-midi à Levallois-Perret. Les salariés du producteur de collants protestent contre un plan social annoncé en mai et prévoyant 450 suppressions de postes en France. Deux jours plus tôt, c’était au tour des employés de Well d’apprendre la suppression de 300 postes. Motif : la délocalisation de la production en Asie. Au mois d’octobre, enfin, c’est le fabricant de lingerie fine Aubade qui annonçait la délocalisation de son activité d'assemblage vers la Tunisie et la suppression de 180 emplois. Une véritable hécatombe dans le secteur de la lingerie et des dessous en France cette année.

Principale explication avancée : la concurrence asiatique, particulièrement chinoise. La levée au 1er janvier 2005 dans l'Union européenne des quotas d'importations de textile chinois a précipité l'avenir du secteur: rien qu'en 2005, les importations de sous-vêtements chinois ont bondi de 40,6% (Xerfi). Résultat, les prix sur le marché des dessous chutent : de 6% en 2006 pour les slips et culottes, de 3% pour les soutiens-gorge, selon l'Institut français de la mode. Mais à la concurrence asiatique, s’ajoute un autre facteur, selon les syndicats : le rachat des entreprises par des fonds d’investissement. « La première chose qu'ils font, c'est casser », car ils n'ont « qu'une seule logique: avoir un retour sur investissement le plus rapidement possible, à la meilleure marge possible, et pour cela ils ne se soucient pas de l'emploi », a dénoncé Maurad Rabhi, responsable de la CGT textile, dans un entretien à L'Humanité le 16 novembre. Le groupe DBApparel, propriétaire des marques Dim et Playtex, a en effet été vendu il y a un an au fonds d'investissement américain Sun Capital Partners. La société Aubade, elle, a été rachetée en 2005 par le groupe suisse Calida Holding. Quant à Well, l’entreprise est détenue depuis 2001 par la société de capital-risque Natexis Industries, filiale du groupe Banque populaire.

Pour mettre fin à cette logique, Maurad Rabhi préconise d’"imposer des règles strictes à la grande distribution et aux fonds financiers", qui doivent "assumer tout le coût de la réparation sociale: reconversion des salariés, formation et obligation d'investir dans la réindustrialisation du bassin d'emploi". La CGT demande que le gouvernement organise une "discussion sur les problématiques de la filière textile", comme il l'a fait pour l'automobile. Entre 1995 et 2005, les plans sociaux successifs ont réduit de 40% les effectifs du secteur textile.

Et vous, pensez-vous que le gouvernement doit intervenir dans cette crise ?

Catherine Fournier
L'usine Arena (maillots de bain) située à Libourne (Gironde), qui emploie quelque 170 personnes, est également en proie à "de graves difficultés" qui pourraient conduire à la fermeture du seul site de production au monde, a annoncé le groupe le 17 novembre. La marque, fondée par le groupe allemand Adidas dans les années 1970, a été rachetée en février par le fonds d'investissement italien BS Private Equity.
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