Agence Pôle emploi à Marseille.
Agence Pôle emploi à Marseille. - P. Magnien/20Minutes

Mathieu Bruckmüller

L’économie française semble bel et bien tourner le dos à la récession. Après un rebond surprise de 0,5% au deuxième trimestre, l’Insee estime dans son dernier point de conjoncture présenté jeudi que «l’éclaircie se confirmerait au second semestre». Au final, «la nette accélération au cours de l’année», permettrait à la croissance d’atteindre 0,2% sur 2013 d’après l’organisme, mieux que le 0,1% prévu par le gouvernement, mais moins que le 0,3% anticipé par l’OCDE. Ainsi, au quatrième trimestre, le PIB en volume «retrouverait son niveau d’avant crise (premier trimestre 2008)».

«La reprise elle est là»

Voilà qui donne donc a posteriori du crédit à l’optimisme, alors moqué, du chef de l’Etat lors de la traditionnelle interview du 14 juillet, expliquant que «la reprise elle est là». L’analyse de l’Insee est justifiée par l’accélération de l’activité dans la zone euro qui rejaillit en France sur l’amélioration du climat des affaires dans tous les secteurs» de l’industrie, des services au bâtiment et le commerce de détail, le tout entraînant un rebond de la production.

De quoi mécaniquement enregistrer une baisse des destructions d’emplois dans le privé. Conjuguée à la montée en charge des emplois aidés et notamment les emplois d’avenir, l’Insee table au second semestre sur 38.000 créations nettes d’emplois. Le taux de chômage, qui devrait atteindre 11% au troisième trimestre, pourrait se stabiliser au quatrième. «Notre objectif, c’est l’inversion durable de la courbe du chômage, à l’horizon de la fin de l’année», a rappelé la semaine dernière le ministère du Travail qui a fait état pour la première fois d’une baisse du nombre de demandeurs d’emploi depuis vingt-sept mois, malgré le bug entourant la publication des chiffres.

Vigueur des impôts

Résultat, même si au second semestre «la vigueur des impôts sur le revenu et le patrimoine» va faire reculer légèrement le pouvoir d’achat, sur l’ensemble de 2013, il aura progressé de 0,5% grâce au dynamisme des salaires sous l’effet des primes en milieu d’année, après une baisse historique de 0,9% en 2012.

Mais une étude publiée mardi par le Bipe se montre plus pessimiste Il élabore depuis 2004 un indice «du pouvoir d’achat ressenti» plus fidèle à ses yeux à la perception de chaque consommateur et qui se concentre sur le revenu disponible des ménages une fois décomptées les dépenses contraintes (loyer et charges, cantine scolaire, dépenses de santé…). Selon le cabinet, le «pouvoir d'achat ressenti» baisserait de 1,6% en 2013 pour la troisième année de suite, et encore de 0,4% en 2014.

Pour l’an prochain justement, l’Insee ne s’aventure à donner une prévision de croissance alors que gouvernement table sur 0,9%. Un optimisme que ne partagent pas de nombreux économistes. Les experts de Natixis visent seulement +0,6% et Ludovic Subran chez Euler Hermès évoque «une France en sous-régime» avec une hausse de l’activité comprise entre 0,6% et 0,8%. Bien loin des 2,9% enregistrés en moyenne entre 2000 et 2007 avant la crise.