Recyclage de téléphones portables à Eindhoven, aux Pays-Bas.
Recyclage de téléphones portables à Eindhoven, aux Pays-Bas. - CLOSON/ISOPIX/SIPA

SOCIETE Ce «nouveau» système, discuté lors de la Conférence environnementale, a également été présenté au LH Forum, événement consacré à l’économie positive et durable...

Sa spécialité, c’est la moquette. Son innovation, c’est, non pas de la vendre, mais de la louer à ses clients. Puis, lorsque le produit a fait son temps, de le récupérer et de le transformer… en une nouvelle et fraîche moquette, une matière recyclable à 98%.

L'entreprise néerlandaise qui défend ce modèle s’inscrit dans ce que l’on nomme l’économie circulaire. Un système qui va au-delà du simple recyclage des déchets: l’idée, c’est de veiller à réutiliser, réparer, recycler 100% des produits et des matériaux utilisés pour les construire. Et ce, dès la première étape de leur conception.

Avec l’économie circulaire, absolument rien ne doit se perdre, tout doit se transformer. Cette boucle vertueuse devrait couler de source et pourtant, à l’heure actuelle, 80% des produits que nous consommons sont détruits après usage et seuls 10% de nos déchets sont recyclés.

Plusieurs pays ont déjà leur loi-cadre

«Prélever des matières premières, les transformer, les consommer, les jeter… Ce système linéaire domine aujourd’hui, mais il n’est pas tenable puisque nos ressources sont limitées», argue le président de l’Institut de l’économie circulaire, François-Michel Lambert, qui s’est exprimé sur ce sujet lors du LH Forum, événement dédié à l’économie positive et durable.

Si l’économie circulaire pourrait presque réconcilier capitalistes et décroissants, il privilégie en tout cas l’usage sur la propriété et surfe ainsi sur l’un des principes phares de la consommation collaborative. Et ce système pourrait rapporter gros. En Europe, les économies sur les matières premières, les déchets non enfouis ou encore les pertes environnementales pourraient atteindre 280 à 520 milliards d’euros, d’après une étude réalisée par le cabinet Mc Kinsey pour la Fondation Ellen MacArthur.

Pour la seule France, ces économies pourraient s’échelonner de 20 à 50 milliards d’euros. Un rapport tout juste commandé viendra préciser ce chiffrage l’été prochain. Enfin, alors que l’industrie continue de réduire ses effectifs, ce «nouveau» système pourrait aussi créer des emplois, notamment dans l’ingénierie, la maintenance ou encore le recyclage.

Si la France commence à s’y intéresser, d’autres pays ont sauté le pas. La Chine, les Pays-Bas ou encore le Danemark ont tous une loi-cadre sur l’économie circulaire. Et le Japon a la sienne depuis dix ans déjà. Pour préserver les ressources à tous les niveaux, le pays du soleil levant s’est fixé des objectifs par filière et les révise régulièrement.

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