Agence Pôle emploi à Marseille.
Agence Pôle emploi à Marseille. - P. Magnien/20Minutes
Céline Boff

Encore une mauvaise nouvelle sur le front de l’emploi alors que le ministère du Travail dévoilera ce mercredi les chiffres du chômage pour le mois d’août. Entre septembre 2012 et mai 2013, le secteur associatif a perdu 9.500 postes. Soit une baisse de 0,5% de ses effectifs, révèle une étude réalisée par l’Institut Recherches et Solidarités (1).

Perdre en neuf mois seulement autant d’emplois que le plan social de PSA prévoit d’en liquider est douloureux. La surprise est d’autant plus désagréable que les associations sont d’ordinaire très dynamiques en termes de recrutements. Depuis plus d’une décennie, et exception faite de 2010, elles créent chaque année davantage de postes que les entreprises -proportionnellement s’entend.

Cette fois-ci, les associations signent le record inverse, en enregistrant une baisse des emplois proportionnellement plus forte que celle de l’ensemble du secteur privé.

Les contrats de travail se précarisent

Pour Jacques Malet, président de l’Institut Recherches et Solidarités, la nouvelle n’est pas surprenante «car les moyens des associations ont stagné et même diminué, notamment du fait de la baisse des subventions». Les responsables associatifs ont donc dû revoir leurs effectifs et ces ajustements ont surtout été effectués sur les CDD, qui représentent moins de 30% des emplois.

D’ailleurs, comme dans le privé, les contrats se précarisent. Si 10% des recrutements des associations s’effectuaient en CDI en 2001, ce chiffre est tombé à 4% en 2013. Et les CDD se font de plus en plus courts: 85% de ceux signés cette année étaient de moins d’un mois, contre 65% en 2011.

D’une manière générale, 38% des responsables estiment que la situation de leur association est difficile ou très difficile. Les associations culturelles semblent les plus frappées, avec 43% de réponses négatives.

Un rebond est possible en 2014

«Les associations n’échappent pas à la crise, celle-ci les a seulement frappé plus tardivement», analyse Jacques Malet. Tous les indicateurs ne sont toutefois pas au rouge. Les associations ont d’abord joué le jeu des emplois d’avenir, mis en place par le gouvernement en novembre 2012. Le secteur a déjà recruté plus de 20.000 jeunes avec ces contrats, dont les salaires sont financés à 75% par l’Etat, et il devrait passer la barre des 30.000 en fin d’année.

Par ailleurs, «les élections municipales devraient réchauffer les relations entre les élus et les responsables associatifs», avance Jacques Malet, qui estime toutefois que «les associations sont à un tournant et qu’elles vont devoir se renouveler, notamment pour être moins dépendantes des subventions». Pour le spécialiste, un rebond de l’emploi est possible dès 2014.

(1) L’étude de Recherches et Solidarités provient d’une part de l’analyse des statistiques de l’Acoss (Agence centrale des organismes de sécurité sociale) et d’autre part, d’une enquête réalisée auprès de 1.233 responsables d’association du 21 au 31 mai 2013. Les résultats ont été traités selon la méthode des quotas.