Christian de Perthuis
Christian de Perthuis - La chaire économie du climat

INTERVIEW L'examen du projet de loi de finances pour 2014 débute ce mercredi et tous les yeux sont rivés sur la fiscalité écologique...

C’est la rentrée pour la fiscalité et la couleur de l’automne, c’est le vert. A l'issue de la deuxième conférence environnementale et à la veille du dépôt du projet de loi de finance pour 2014, la transition énergétique va tenter de réussir son entrée sur le  terrain politique. L’économiste Christian de Perthuis, président du comité pour la fiscalité écologique et co-auteur de «Le Capital Vert, une nouvelle perspective de croissance» (Ed. Odile Jacob), fait le point pour 20 Minutes.

Le Gouvernement affirmait à l’occasion de la remise de votre rapport en juillet sa détermination à faire de la loi de finances pour 2014 le premier acte du verdissement de la fiscalité française. En est-on là?

Le comité pour la fiscalité écologique a rendu deux avis justifiés sur le plan des objectifs écologiques du pays: le premier préconisait d’introduire une composante carbone dans la fiscalité énergétique française ; le second de réduire l’écart de fiscalité entre l’essence et le diesel. Le projet de loi de finances 2014 reprend les propositions sur l’assiette carbone et c’est une avancée très importante pour la transition écologique: il s’agit ce commencer à inscrire dans notre fiscalité le coût associé au changement climatique. Mais le chemin est long entre le dépôt du projet et l’adoption le 1er janvier prochain. Espérons qu’il n’y aura pas d’accidents de parcours et que la représentation nationale enrichira le projet lors du débat parlementaire.

La fiscalité du diesel est aussi une priorité et pourtant le budget  2014 n’accouchera d’aucune nouvelle taxe sur le diesel. Preuve que le budget n’est pas encore suffisamment vert?

Le diesel est surmédiatisé et traité de façon quasi-affective. Il faut procéder avec rigueur sur cette question qui va rester d’actualité. Il reste encore le débat parlementaire qui peut changer la donne. Et puis après le budget 2014, on discutera le budget 2015!

Cela démontre-t-il tout de même que la fiscalité écologique n’est pas encore une priorité?

Le plus important à mes yeux est que le pays entre dans une réforme de la fiscalité écologique pluriannuelle. Car l’objectif est de changer les comportements des citoyens à long terme. Pour cela, les défis écologiques doivent être anticipés par les agents économiques. Pour le moment, face à la crise et la problématique centrale de l’emploi, le discours a changé et la chaîne de décisions relègue trop souvent les préoccupations environnementales au second plan. L’écologie peut pourtant devenir un véritable facteur de reprise économique.

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