La Cour des Comptes a critiqué lundi l'organisation et la durée du travail au sein d'EDF et de ses filiales RTE et ERDF, appelant à mieux contrôler et améliorer la productivité des salariés.
La Cour des Comptes a critiqué lundi l'organisation et la durée du travail au sein d'EDF et de ses filiales RTE et ERDF, appelant à mieux contrôler et améliorer la productivité des salariés. - Sebastien Bozon AFP

avec AFP

La Cour des Comptes a critiqué lundi l'organisation et la durée du travail au sein d'EDF et de ses filiales RTE et ERDF, appelant à mieux contrôler et améliorer la productivité des salariés. La Cour a demandé au gouvernement de lancer une réflexion sur ce sujet, dans une note publiée lundi et dévoilée un peu plus tôt par le quotidien Les Echos.

Dans celle-ci, le premier président de la Cour Didier Migaud a demandé qu'une «réflexion» soit engagée au niveau du groupe et avec les organisations syndicales sur «le bilan de l'aménagement du temps de travail, la cartographie des métiers et l'organisation du travail, dans la perspective d'une meilleure disponibilité et de gains de productivité». Interrogé par l'AFP, EDF a assuré avoir déjà ouvert un «programme d'action» au printemps sur ces questions, visant précisément à poser un diagnostic et adopter les «actions correctives» nécessaires. De son côté, ERDF, filiale qui exploite le réseau électrique de proximité, n'a pas fait de commentaires.

Temps de travail inférieur à la référence

Dans sa note, la Cour des Comptes relève que la durée du travail dans l'entreprise et ses filiales est «insuffisamment suivie». Aucune des composantes du groupe ne dispose «d'un outil fiable de contrôle de décompte des temps de travail» et le temps de travail y est inférieur à la référence prévue au sein du secteur électrique et gazier. Selon la Cour des Comptes, il ressortait à 1.548 heures en 2011 pour les 62.150 salariés d'EDF et 1.500 heures pour sa filiale autonome RTE (gestionnaire du réseau électrique haute tension, 8.800 salariés), contre 1.570 heures pour «la durée de référence au sein des industries électriques et gazières» et 1.607 heures prévues par le droit du travail.

En outre, selon la Cour des Comptes, l'organisation du temps de travail à EDF est une «mosaïque complexe permettant des aménagements très différents, sans unité, par entités, par métiers et par zones, comportant des différences sensibles de traitement entre les salariés sans véritable justification». Enfin, la Cour estime que le régime des heures supplémentaires (72 heures par agent en moyenne pour EDF, 53 heures chez ERDF et 27 heures chez ERDF) au sein du groupe, essentiellement lié à des systèmes d'astreinte, est «exorbitant» au regard du droit commun. Elle appelle à mieux piloter les astreintes pour réduire ces heures sup.