Retraites: Une réforme anti-jeunes?

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Publié le 18 septembre 2013.

SOCIAL - L'allongement de la durée de cotisation pénalise les moins de 40 ans...

Vraiment «équilibrée», cette réforme des retraites présentée ce mercredi en Conseil des ministres? Ce n’est pas ainsi que l’entendent les syndicats. Alors que Matignon assure avoir équitablement réparti les efforts «entre toutes les forces de la Nation» pour remettre à flot le régime général d’ici à 2035, Force ouvrière estime que les jeunes sont «les principales victimes» du projet.

En ligne de mire: l’allongement progressif de la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein. Pour ne pas «changer les règles» en cours de route pour les actifs proches de la retraite, Jean-Marc Ayrault a annoncé mardi que l’allongement ne démarrerait qu’en 2020, pour atteindre à 43 ans en 2035. Injuste, dénonce le syndicat. «Ceux qui sont nés en 1973 vont prendre plein pot les 43 ans. Cette génération est entrée sur le marché du travail entre 23 et 24 ans. Vous ajoutez 43 ans et ça fait 67 ans pour partir en retraite? Ce n'est pas admissible», a affirmé mardi son secrétaire général Jean-Claude Mailly sur France Info.

«Hold-up générationnel»

«En allongeant la durée de cotisation à 43 ans pour les moins de 40 ans et en refusant de prendre en compte les années d’étude et d’insertion, le gouvernement envoie un message très négatif aux jeunes: pour vous la retraite à taux plein restera à jamais un rêve inaccessible», a réagi mardi le syndicat étudiant Unef. Si les jeunes en alternance ou apprentis devraient bientôt pouvoir valider leurs trimestres d’apprentissage, la possibilité offerte aux jeunes actifs de racheter à prix préférentiel jusqu’à quatre trimestres de leur période d’études reste un leurre pour l’Unef: «il faudrait tout de même que les jeunes déboursent près de 4.000 euros pour racheter une seule année: un montant impossible à réunir pour des moins de 30 ans dont le taux d’épargne est quasi nul!», note l’organisation.

«En décidant de ne rien changer sur le fond, le gouvernement dit aux jeunes: "pour que la génération mai 68 puisse partir en retraite à 60 ans, vous travaillerez jusqu’à 67 ans pour une retraite moindre à l’arrivée tout en devant épargner". On n’est pas loin du hold-up générationnel!», dénonce Emmanuel Grimaud, le président de la société de conseil Simul-retraite.fr.

«En suivant la règle qui consiste à augmenter la durée de cotisation en affectant deux tiers des gains d’espérance de vie au travail et  un tiers à la retraite, le gouvernement n’a pas rompu le contrat intergénérationnel de façon manifeste», tempère Guillaume Allègre, économiste spécialiste des politiques sociales à l’OFCE. «La vraie inéquité intergénérationnelle aujourd’hui c’est le chômage de masse dont sont victimes les jeunes: 20% à 25% de jeunes actifs sans emploi, ce sont autant d’individus qui ne commencent pas à cotiser. Ce qui serait injuste c’est de ne rien faire pour relancer l’emploi», poursuit-il.

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