Jean-Marc Ayrault le 27 août.
Jean-Marc Ayrault le 27 août. - KENZO TRIBOUILLARD / AFP
* Claire Planchard

«Une réforme structurelle majeure qui s’appliquera à tous», capable de préserver le système de retraite français par répartition une fois encaissé le choc démographique du baby-boom: c’est l’ambition du projet dévoilé mardi soir par Jean-Marc Ayrault. Pour combler le déficit des régimes de retraite qui devrait passer de 21 à 27 milliards d’euros entre 2020 et 2035, le gouvernement a décidé de jouer sur plusieurs leviers.

 

Les cotisations plutôt que la CSG

Sous la pression des syndicats, Matignon a finalement abandonné l’option d’une hausse de la CSG. A cette hausse d’impôt supplémentaire trop difficile à faire avaler aux Français, l’exécutif a préféré une hausse progressive des cotisations retraites salariales et patronales de 0,15 point en 2014, puis de 0,05 point par an, jusqu’en 2017.

Cette mesure sera couplée à un allongement de la durée de cotisation d’un trimestre tous les trois ans entre 2020 et 2035. A cette date,  les générations nées en 1973 pourront bénéficier d’une retraite à taux plein après à 43 ans de cotisation, contre 41,5 en 2020 pour les générations nées en 1956. L’âge légal de départ ne sera en revanche par repoussé.

La pénibilité compensée

La mise en place à partir de 2015 d'un «compte personnel de prévention de la pénibilité» est aussi confirmée. Financé par les entreprises, il permettra aux travailleurs nocturnes ou exposés à un environnement agressif, de cumuler des points donnant de droit de partir plus tôt à la retraite, de travailler à temps partiel ou de suivre une formation qualifiante pour se reconvertir. Près de 20% de salariés du privé seront concernés.

Enfin, les retraités seront aussi mis à contribution, mais ni la désindexation de leurs pensions sur l’inflation ni la hausse du taux de CSG, un temps évoquées, n’ont finalement été retenues. Cet effort financier se fera finalement à travers un décalage d’avril à octobre de la revalorisation annuelle de leur pension et la fiscalisation de la majoration de 10% des pensions des parents retraités de trois enfants et plus.

Après examen par le conseil d'Etat, le projet de réforme doit être présenté en conseil des ministres le 18 septembre.

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