Fleur Pellerin, ministre deleguée aux PME et Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif.
Fleur Pellerin, ministre deleguée aux PME et Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif. - Fabrice Elsner / 20 MINUTES

Bertrand de Volontat

«L’image de la France a été laissée en jachère», lance ce mardi le ministère du Redressement productif, Arnaud Montebourg. Après avoir défendu la marque France auprès des consommateurs hexagonaux pendant un an, le gouvernement s’attaque à l’image du pays à l’international. Objectif: Valoriser l’Hexagone auprès des investisseurs étrangers. Et pour cela, il se rapproche des patrons sur le thème du patriotisme.

Des émissaires pour ne plus être le bouc émissaire

Arnaud Montebourg, le chantre du «made in France», Fleur Pellerin et Nicole Bricq recevaient ce mardi à Bercy cinquante dirigeants  français d’entreprises étrangères parmi lesquelles Microsoft, Accenture, Xerox, Fedex, Kellog’s et Bain & Company. Avec un discours mobilisateur, les ministres souhaitent faire de ces patrons des émissaires de l’attractivité française hors de nos frontières et faire le point dans un an. Pour éviter de voir se répéter des épisodes comme celui de la une de The Economist désignant la France comme le maillon faible de l'Europe.

«L’attractivité du territoire, c’est la priorité du gouvernement», annonce Nicole Bricq, qui ambitionne 1.000 investissements étrangers par an dans l’Hexagone d’ici 2017 - contre 700 à ce jour. «Soyez les supporteurs des entreprises françaises», poursuit-elle. Et d’inviter à ne pas avoir de retenue à l’image des Américains où «le commerce, c’est de la politique». Cela passera aussi par la création d’un réseau structuré, via les réseaux sociaux, souligne Fleur Pellerin.

Le gouvernement a  enfin compris les enjeux économiques

«Le gouvernement a enfin pris conscience de l’importance des enjeux économiques, analyse l’un des rares dirigeants invités à Bercy ce mardi ayant accepté de s’exprimer après la conférence, François Harari, vice-président et directeur France, Belgique et Afrique du Sud, pour Westinghouse. Les étrangers y seront sensibles.» La France, cinquième économie mondiale, a des atouts à faire valoir, et doit redevenir «une France qui gagne», clame Eric Boustouller, président de Microsoft France.

Les étrangers affectionnent notre cursus scolaire, notre capacité à créer des autodidactes et des managers créatifs, pugnaces et combatifs, relève les patrons. «Nous avons parmi les meilleurs ouvriers et ingénieurs au monde et nous restons une puissance dominante dans le nucléaire, l’automobile et l’aéronautique -1e rang européen-, affirme François Harari. Seulement, «nous ne vendons pas assez bien nos qualités.»

Dépasser les clivages sociaux

Il faudra, pour que cette action soit efficace, dépasser les clivages entre les partenaires sociaux et les relations houleuses entre les entrepreneurs et le gouvernement. «C’est une faiblesse», concède François Harari, qui note qu’il est important de faire attention «à l’image de la France». Les sorties gouvernementales contre Titan, Yahoo! ou encore ArcelorMittal, comme la pression fiscale, souvent considérée pour les investisseurs étrangers comme une impasse, sont autant de points faibles.

En parallèle, ce mardi, pour récupérer le «terrain perdu» par l'industrie française, la Cour des comptes a appelé à «intégrer la dimension qualité dans la définition et la promotion de la marque France», reprenant la proposition du Mouvement français pour la qualité (MFQ) de créer un label Qualité France. Ce nouveau label favoriserait «la reconquête du marché mondial».