Oublié, le rêve d'une grande Bourse européenne. Hier, l'allemand Deutsche Börse a renoncé à fusionner avec Euronext. La Bourse de Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne n'a jamais caché sa préférence pour une alliance transatlantique avec le New York Stock Exchange (Nyse). Pourtant, l'offre de mariage de Deutsche Börse était soutenue par les responsables politiques européens, favorables à la naissance d'un champion boursier sur le Vieux Continent, pour rivaliser avec les Américains.
« C'est une occasion manquée », a regretté hier le ministère allemand des Finances. « Le chemin est désormais définitivement libre pour la fusion entre Euronext et le Nyse », a réagi Olaf Kayser, analyste de la banque allemande LRP, résumant l'avis des experts du secteur. En décembre, les actionnaires des deux groupes prendront donc la décision finale. Leur feu vert est probable mais l'opération alimente déjà les craintes d'une intervention des autorités américaines. Actuellement, les sociétés cotées sur Euronext échappent à la sévère réglementation boursière américaine, et notamment au cadre comptable introduit par les lois Sarbanes-Oxley après des scandales financiers comme Enron.
A. B. (avec AFP)