Réforme des retraites: La pression monte pour les retraités

SOCIAL – Un rapport commandé par le gouvernement préconise de faire contribuer davantage les retraités au financement des retraites...

Céline Boff

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Manifestation des retraités contre le système de revalorisation des retraites complémentaires, à Paris le 28 mars 2013.

Manifestation des retraités contre le système de revalorisation des retraites complémentaires, à Paris le 28 mars 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Les retraités devront sans doute payer plus. Ou recevoir moins. Ils ne devraient en tout cas pas être épargnés par la future réforme des retraites. Car de nombreux acteurs économiques poussent pour qu’ils soient davantage mis à contribution. Comme le rapport de la commission Moreau sur l’avenir des retraites, commandé par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Il n’a pas encore été remis au gouvernement, mais déjà, ses propositions fuitent. D’après Le Figaro, ce rapport «propose une série de mesures qui mettraient à contribution tous les Français pour redresser les comptes à court terme».

Aligner le taux de CSG

A commencer par les retraités, «via la suppression de l'exonération d'impôt de 10% pour frais professionnels dont ils bénéficient comme les salariés de manière injustifiée», écrit le quotidien. Le rapport propose aussi de fiscaliser «les pensions majorées de 10% pour les parents de trois enfants et plus» ou encore d’aligner «le taux réduit de CSG des retraités aisés sur celui des actifs».

A noter que si ce taux était aligné, il passerait donc de 6,6% à 7,5%, ce qui représenterait 140 euros de moins par an pour les retraités. «Attention, ces mesures que rapporte Yannick Moreau (ex-présidente du Conseil d’orientation des retraites, ndlr) ne seraient pas forcément cumulatives», précise le quotidien.

Ce rapport n’est pas le seul à mettre la pression sur les retraités. La semaine dernière, le gouverneur de la Banque de France demandait également, dans une lettre adressée au président de la République, que les retraités prennent part à l’effort. Et pour les faire participer, il émet une autre idée: la désindexation des pensions.

Epargner les «petites retraites»

Concrètement, le niveau des pensions ne serait plus réévalué en fonction de l’inflation. Rappelons que cette évolution vient d’être faite pour les retraites complémentaires du régime général et qu’elle entraîne une perte moyenne de 150 euros par an dans le cas d’une revalorisation d’un point inférieur à la hausse des prix actuelle, qui est proche de 1,5%.

Christian Noyer n’est pas le seul à défendre cette piste. Dans ses recommandations à la France publiées mercredi dernier, la Commission européenne évoque aussi la piste de «l’adaptation des règles d’indexation» pour remettre le système de retraite français à l’équilibre après 2020 –à cette date, le déficit du régime général devrait atteindre plus de 20 milliards d’euros, malgré la réforme Fillon de 2010.

Notons toutefois que la plupart des acteurs conseillent d’épargner les «petites retraites». Reste à savoir jusqu’à combien s’élève une petite retraite… Seule certitude: les réformes ne concerneront pas les retraités disposant de pensions inférieures au seuil de pauvreté, qui s’élève à 964 euros par mois. Mais d’après une enquête de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), «seuls» 10% des seniors sont en-dessous de ce seuil.

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