Ce que le mauvais temps coûte aux professionnels

METEO – Le climat qui ne respecte pas les saisons pénalise certains commerçants...

Bertrand de Volontat

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Pluie au Trocadéro, à Paris, le 21 mai 2012.

Pluie au Trocadéro, à Paris, le 21 mai 2012. — TIMUR EMEK/SIPA

«Le tourisme, les parcs d’attraction, la restauration, les producteurs d’objets estampillés été (maillots de bain, barbecue), la jardinerie et le textile voient leurs ventes plombées», affirme l’économiste Jean-Louis Bertrand, fondateur de Météo Protect. La liste des secteurs sinistrés par ce climat défiant la saison printanière, est longue.

Il faut dire qu’en France, 70% de l’économie est météo-sensible, les consommateurs hexagonaux réglant leurs achats en fonction de la température. Ainsi, il ne faut pas non plus oublier par exemple la consommation en terrasse d’eau minérale ou de bière, en chute libre à l’heure actuelle. Tout comme les «produits solaires» (-19 %) et les «spécialités glacées individuelles» (-17,2 %), selon les chiffres de mai de Climpact Metnext.

Pour chaque degré perdu, des revenus en moins

«Nous connaissons la normalité car nous sommes dans un pays qui connaît des saisons», explique Jean-Louis Bertrand. En l’espèce, les secteurs du textile et des chaussures affichent des pertes de 4% pour chaque degré perdu en dessous de la normale. Le tourisme enregistre 7 à 8% de recul de ses revenus par degré perdu. «Et nous sommes dans un secteur où il n’y a pas de report, un jour perdu ne sera pas rattrapé», poursuit-il. Des propos qui prennent tous leurs sens après ces ponts de mai pluvieux. 

Si pour chaque degré de moins, on sait combien ça coûte et à partir de quel seuil ça pénalise l’entreprise, pourquoi pas s’assurer pour soutenir son commerce et son entreprise en cas de coup de mou climatique? «Il est fou qu’un producteur dont le seul risque est la météo ne soit pas assuré (certaines assurances sont obligatoires, pas la météo, ndlr)», s’étonne l’économiste.

 «Une anomalie climatique prolongée» mais prévisible

D’après l’Insee, les conditions climatiques difficiles du début d’année ont pesé sur l’agriculture et notamment sur la production des produits frais. Elles ont entraîné une hausse de leurs prix (+2,2% en avril, +6,3% sur un an). Ceux des légumes frais ont ainsi augmenté de 4% en avril (+5,2% sur un an). «Il faut notamment augmenter la température dans les serres», ajoute l’économiste. A l’instar des serres, il est sûr que pour l’ensemble de l’économie, la hausse des consommations d’énergie face à la baisse des températures fait le bonheur des producteurs de gaz et d’électricité. Et justement du côté des produits qui marchent en cette période viennent s’ajouter les «fromages à consommer chaud» (+30,6 %), les «soupes et potages » (+24,3 %), et les «légumes secs » (+10,8 %), toujours selon Climpact Metnext.

«Avec la neige en mars et même en mai, nous sommes dans une anomalie climatique prolongée, qui va durer jusqu'en juin.» Avec pas une seule période de trois semaines d’affilée de beau temps stable depuis 13-14 mois, les professionnels sont dorénavant prévenus. «Nous avions déjà eu pareille situation en 2006.» L’économiste va plus loin en disant même que s’apitoyer sur son sort et dire ‘qu’il ne fait pas le temps qu’il devrait’, quand on est professionnel, n’est plus vraiment acceptable. «Aujourd’hui, on a une base de connaissances suffisantes pour savoir», conclut-il.

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