Et si on ouvrait le RSA aux jeunes dès 18 ans?

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Publié le 24 avril 2013.

SOCIAL - Une note du Conseil d’analyse économique (CAE) rattaché à Matignon propose de l’étendre aux jeunes à partir de 18 ans...

Permettre de toucher le RSA dès 18 ans, contre 25 ans aujourd’hui, pour lutter contre la pauvreté des jeunes. Tel est en substance l’une des six propositions phares lancées mercredi par une note du Conseil d’analyse économique (CAE), un organisme placé auprès du Premier ministre, chargé d’éclairer ses choix en matière économique.

Un RSA jeune activité

Intitulé «L’emploi des jeunes peu qualifiés en France», le document rédigé par trois économistes fait le constat que près de deux millions de personnes âgées de 15 à 29 ans, soit 17% de cette classe d’âge, ne sont ni à l’école, ni en emploi, ni en formation. Au-delà de leurs recommandations appelant à mieux cibler les dépenses d’apprentissage, les contrats d’avenir et de génération ou encore renforcer les moyens du service public de l’emploi à destination des moins diplômés, Pierre Cahuc, Stéphane Carcillo et Klaus F. Zimmermann souhaitent «créer un RSA jeune activé.»

«En réservant le RSA aux personnes de 25 ans et plus, la France fait figure de quasi exception au sein des pays européens. La conséquence de ce système est que parmi la population des 20% les plus pauvres, la moitié a entre 15 et 29 ans», pointent-ils.

Un droit contrôlé

A l’appui de ce qui se fait à l’étranger, ces experts estiment que percevoir un revenu minimum d’assistance peut être utilisé afin de faciliter non seulement l’autonomie des jeunes, mais aussi leur accès à l’emploi. «Dans cette optique, le RSA devrait être accordé dès 18 ans, mais sa perception devrait être conditionnée à une obligation de recherche d’emploi réellement contrôlée, à un accompagnement personnalisé et, le cas échéant, à des formations qualifiantes. Pour un jeune, entrer dans le dispositif du RSA serait synonyme d’exercer une activité à temps plein, soit en recherchant de manière intensive un emploi, soit en se formant le temps nécessaire pour acquérir les qualifications requises dans des formations professionnelles de niveau CAP ou BEP», écrivent-ils.

Un premier pas a été fait par le gouvernement Ayrault avec l’annonce en janvier dans le cadre de son plan de lutte contre la pauvreté d’une garantie jeune. Lancée à l’automne, elle doit permettre à 100 000 jeunes en difficulté, pour un coût estimé de 500 millions d’euros, de percevoir près de 500 euros par mois en contrepartie de la signature d’un contrat pour un parcours d’accès à l’emploi ou de formation.

Un dispositif qui peine à séduire

Pour lutter contre la pauvreté des jeunes, l’OCDE, le mois dernier proposait même d’étendre en France le RSA aux jeunes adultes ayant terminé leurs études selon un barème progressif en fonction de l’âge. Là encore, «à la condition expresse de mettre en œuvre une stratégie d’activation efficace comprenant une formation ou des démarches de recherche d’emploi».

De façon plus globale, le RSA peine à séduire ceux qui y ont droit. Si 1,2 million de bénéficiaires touchent le RSA dit socle, l’ancêtre du RMI, destiné aux personnes sans ressources, et qui s’élève à environ 475 euros par mois, moins de 500.000 foyers touchent le RSA activité, c'est-à-dire ce complément de revenu accordé aux travailleurs pauvres. Le complément de revenu est calculé de telle sorte que pour chaque euro de rémunération d’activité, une aide de 0,62 euro est versée au foyer.

Aujourd’hui, le taux de non-recours atteint 36% pour le RSA socle, 33% pour le RSA socle +activité et même 68% pour le RSA activité seul. Outre le manque d’information, c’est la crainte d’être stigmatisé qui explique pourquoi ils sont si nombreux à ne pas le demander.

* Mathieu Bruckmüller

 
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