Illustration fruits et légumes.
Illustration fruits et légumes. - VINCENT WARTNER / 20 MINUTES

Bertrand de Volontat

«2012 a été une année noire pour les TPE, après deux ans de dynamisme». Ces mots ont été lâchés ce jeudi par la présidente de la fédération des centres de gestion agréés, Christine Company, à l’occasion du 48ème Observatoire de la petite entreprise. Ce secteur qui emploie 2,5 millions de personnes dont 1 million de salariés dans 400.000 TPE, a connu une baisse globale de 2% de ses revenus.

Un recul qui a des conséquences sur l’emploi et sur la croissance des TPE «globalement réactives, car dotées de petites structures, mais tout de même liées à l’économie réelle», rappelle Yves Marmont, vice-président de la fédération.

Les TPE ont les deux pieds dans le ciment, à cause du bâtiment 

Nasser Negrouche, le rédacteur en chef de l’Observatoire de la petite entreprise, le reconnaît: «Il y a une forte préoccupation sociale chez les TPE qui avaient jusqu’à présent bien absorbé la crise. Plusieurs dizaines de milliers d’emplois pourraient être détruits dans les 18 prochains mois, notamment dans le bâtiment.» Et le léger recul de l’activité en 2013 n’arrangera rien.

Justement, l’artisanat du bâtiment (maçon, électricien, plombier, menuisier, peintre), l’acteur principal des TPE, est le plus touché, avec une chute de 4,8% de son chiffre d‘affaires l’an passé. «Le moteur n’existe plus», assène Christine Company.

A l’inverse, le commerce de détail alimentaire (dit de proximité) fait mieux que résister (+0,6% en 2012), en particulier les commerces de fruits et légumes (+2,2% et +2,7% projetés en 2013). Et les entreprises de nettoyage, les professionnels de parcs et les studios photos ont fait encore mieux l’an dernier.

Ce marché de proximité pèse 50 milliards d’euros annuels et emploie 350.000 personnes (+23% en 15 ans) dans 140.000 TPE de cinq salariés maximum. Une réussite dans une période où la création d’entreprises est en repli (-6% en 2012) et où les marges se dégradent.

La proximité, la solution de sortie de crise

Pourquoi la proximité cartonne? «On revient sur des produits naturels, moins industriels, c’est un nouveau modèle de consommation», explique Nasser Negrouche. Un constat qui fait les beaux jours des marchés, cavistes, crémiers, bouchers et poissonniers de quartier. Ce sont les «bénéficiaires secondaires de la crise», c’est-à-dire qu’ils profitent, en temps de crise, «du succès des circuits courts et de la valeur de consommation durable», poursuit le rédacteur.

Ces TPE ont une nouvelle image populaire avec un accueil et des produits de qualité qui ne sont pas réservés qu’aux riches. Et ces TPE ont besoin de soutien, que le préfinancement du CICE (crédit impôt) ou l’apport de la BPI (banque publique d'investissement) tenteront d’assurer. Un créneau porteur sur lequel s’est lancée la start-up web française Bulb in Town en créant une plateforme de financement participatif des «petits commerces près de chez vous».

Un secteur que l’on disait enterré par la grande distribution et qui finalement devient le plus dynamique, ayant justement «bien su prendre le virage numérique», conclut Nasser Negrouche.