Les Français consomment toujours moins de jus de fruit

CONSOMMATION Les industriels sont pris en tenaille entre baisse des ventes et hausse des taxes et coûts de production...

Claire Planchard

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Rayon de jus de fruit frais.

Rayon de jus de fruit frais. — MEIGNEUX/SIPA

La filière jus de fruits n’a pas la pêche. Mercredi, l’Union nationale interprofessionnelle Unijus a présenté un bilan 2012 en demi-teinte.

«Premiumisation» du marché français

Du côté des volumes de vente, le pire a été évité malgré la crise: après une baisse de 0,6% en 2011, la consommation globale de jus de fruits en France n’a reculé que de 1,13% l’an dernier à 1,62 milliard de litres, contre une baisse 2,2% en Europe.

Le marché français continue aussi sa montée en gamme: la part de marché (en volume) des purs jus passe ainsi pour la première fois la barre des 50% (à 51,8% contre 36,9 % en 2004), alors que les jus de fruits à base de concentré décrochent (à 29,2% contre 36,4% en 2004). Bien que toujours très minoritaires, les jus de fruits réfrigérés (+7,66% en 2011) et bio (+40% en quatre ans) poursuivent aussi leur essor.

Flambée des matières premières

Pas de quoi toutefois rassurer les professionnels qui s’inquiètent de la flambée des coûts d’approvisionnement et de fabrication. Les matières premières qui constituent 53% du prix de revient d’un jus de fruit ont souffert en 2012 de l’appréciation de l’euro face au dollar, des mauvaises conditions climatiques notamment en Amérique centrale et surtout de la raréfaction des fournisseurs  face à une demande exponentielle des marchés émergents.

Depuis 2009, le coût du pamplemousse s’est ainsi accru de 115%, celui des pommes de 60% et celui des oranges de 55%. Même tendance sur les prix des emballages (+75% pour le plastique depuis 2010) qui constituent 20% du prix de fabrication.

Des marges pressurisées

«Face à cette concentration des opérateurs en amont, on a une atomisation en aval de petits intervenants qui se débattent pour assurer une stabilité des prix de vente», expliquait mercredi Emmanuel Vasseneix, président d’Unijus.

Grâce à un «effort d’investissements de productivité» sur leurs processus industriels, la filière a ainsi réussi à contenir en 2012 l’envolée des prix de vente moyens des purs jus (+1,24%)et jus à base concentré (+1,9%), tandis que les nectars (18,8% de part de marché) ont vu leur tarif exploser de 12%  et leurs ventes chuter de 8,57% sous la pression de la nouvelle taxe sur les boissons avec sucres ajoutés (0,731 centime/litre) entrée en vigueur au 1er janvier 2012. Une pression de toute part qui menace selon Emmanuel Vasseneix la «pérennité des entreprises» de la filière.

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