Free Mobile présente ses résultats annuels

TELECOM- L'opérateur va-t-il décrocher le jackpot?...

Claire Planchard

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Free Mobile a lancé ses offres le 10 janvier 2012

Free Mobile a lancé ses offres le 10 janvier 2012 — PRM/SIPA

Les bénéfices de Free Mobile ont-ils explosé aussi vite en 2012 que son parc d’abonnés? Alors qu’Iliad, la maison-mère, a annoncé le 28 février avoir recruté 5,2 millions d’abonnés mobiles en un an et que l'activité mobile représente déjà plus d'un quart de son chiffre d'affaires total, les analystes auront les yeux rivés ce mardi sur les performances financières du nouvel opérateur, qui vise la rentabilité à l’horizon 2017.

Si les recrutements d’abonnés ont continué à progresser fin 2012 grâce au lancement de nouvelles offres enrichies, pas sûr en effet que les profits croissent à la même vitesse.

Une rentabilité sous pression

Selon une note consacrée aux opérateurs télécoms européens publiée par Credit Suisse en janvier, l'Arpu (revenu moyen par abonné, ndlr) du groupe risque en effet de diminuer cette année en raison notamment de la baisse des tarifs de terminaison d'appel. Credit Suisse souligne également le coût plus élevé que prévu du contrat d’itinérance conclu avec Orange (1 milliard d'euros sur 2012-2013, et non plus sur trois ou six ans).

Le récent avis de l’autorité de concurrence préconisant la fin du contrat d’itinérance d’ici fin 2017 va aussi contraindre l’opérateur à mettre les bouchées doubles en matière d’investissement pour atteindre son objectif de couverture de 90% de la population en 2018 et atteindre à moyen terme une part de marché de 15% (contre 8% actuellement). «La condition sine qua non à la rentabilité d’Iliad réside dans l’édification du réseau. Nous ne croyons pas du tout à la thèse du «passager clandestin», expliquait en février 2012 Gabrielle Capron, analyste financière télécom chez Groupama AM.

Selon ses calculs, pour un abonné qui parlerait 855 minutes environ et qui utiliserait 2 gigas d’Internet, Iliad devait payer, en 2012, 4 euros par giga et 8 euros par mois alors qu’en 2015 (où il devra couvrir 75% de la population), ce coût sera de 3 euros par giga et 1,5 euro par mois. Au total, «la marge brute devrait progresser de 12% à 65%. C’est un très important levier pour Iliad», expliquait la spécialiste.

Un parc d’abonnés à fort potentiel

«Cette activité (mobile, ndlr) génère encore de faibles cash flows (liquidités) pour le groupe, en raison des récents investissements, mais le succès rencontré avec son offre mobile «low cost» devrait se prolonger jusqu’en 2014-2015 pour aboutir à 15% de part de marché. Par ailleurs, selon les analystes, le potentiel de croissance de l’activité mobile est sous-estimé dans les cours de bourse, donnant de l’intérêt aux investisseurs», explique ce lundi un analyste du bureau Daybyday.

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Parmi ces facteurs de développement: la migration de son parc croissant d’abonnés en téléphonie fixe (5,364 millions d'abonnés fin décembre 2012 contre 4,8 millions un an plus tôt) vers les services mobiles. Selon une étude du Crédoc, 45% des clients ayant un abonnement fixe à la maison ont en effet pour leur mobile le même opérateur. Mais pour les séduire, Free Mobile devra faire la preuve de la qualité de son service, sans le soutien d’Orange.

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