Boris Johnson: «Londres est un énorme atout pour la France»

ECONOMIE – Les attaques répétées du maire de Londres à l’encontre de la France ont marqué les esprits. Boris Johnson part aujourd’hui à la conquête du public français, non sans en oublier l’objectif principal: promouvoir les vertus de la capitale britannique...

Bertrand de Volontat

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Boris Johnson, maire de Londres

Boris Johnson, maire de Londres — JAMES GLOSSOP/THE TIMES/SIPA

On comprend facilement pourquoi les Londoniens l’adorent (71% d’opinion favorable). Un sens de l’humour affuté - autant que sa mauvaise foi -, beaucoup d’énergie, Boris Johnson, le maire de Londres depuis 2008, était en visite à Paris ce vendredi. Et il a fait le show. 20 Minutes était présent.

Taxé d’anti-européen, le Britannique de 48 ans fait pourtant l’apologie d’une union franco-britannique forte et n’hésite pas à afficher des idées d’avenir pro-communautaires, notamment en faveur d’un renforcement d’une aide aux consommateurs européens.  

Paris et Londres, main dans la main 

«Que Londres soit une place forte en Europe est un atout économique énorme pour la France et l’Union européenne.» Et sur la question du référendum de la sortie du Royaume-Uni de l’UE, il s’explique: «Un référendum est toujours risqué. S’il avait lieu aujourd’hui, le vote serait sûrement en faveur d’une sortie. Probablement comme pour les Français. Mais au moment de poser la question, les Britanniques répondront qu’ils appartiennent à l’Europe et au marché unique

«Paris et Londres sont des villes sœurs», ajoute Anne Hidalgo, présente à cet événement organisé par la Chambre de commerce franco-britannique. «Les bus londoniens sont exploités par la RATP, nous réfléchissons à introduire l’Autolib à Londres et nous vous avons envoyé Beckham», ironise le maire pour illustrer le va-et-vient permanent entre les deux rives de la Manche. «Je ne suis pas sûr que les Parisiens apprécieraient que leurs bus roulent sous pavillon britannique», pique-t-il.

Un antagonisme qui ne se gomme pas en un jour

Réélu pour la deuxième fois l’an dernier, Boris, comme les Anglais le surnomment, s’était fait remarquer par ses attaques contre la France de François Hollande à l’automne, parlant de «terreur» pour décrire le système fiscal et des «sans-culottes», avant d’inviter les investisseurs français à quitter Paris pour rejoindre Londres.

Dans la presse britannique de la veille, il n’hésitait d’ailleurs pas à dire au Evening Standard que le Royaume-Uni ne devait absolument pas s’engager dans le chemin fiscal pris par la France, raillant les 100.000 emplois détruits, selon lui, depuis l’arrivée de François Hollande. «S’il y a une possibilité d’accueillir les businessmen français, il serait malhonnête en tant que maire de Londres de ne pas leur dérouler le tapis rouge».

Le Royaume-Uni cherche lui aussi un second souffle

Ce vendredi, le discours était plus amical sans pour autant être moins polémique. Ses origines françaises, par sa mère née à Versailles, l’auront sûrement poussé à tenir un discours plus cordial. Ne souhaitant envenimer les choses, il place malicieusement que lorsque les Français quittent leurs pays pour le Royaume-Uni, «ce n’est pas une perte pour la France». «Ces derniers lèvent des milliards de pounds pour Londres, la France, l’Union européenne car Londres est une vraie puissance financière».

Mais le Royaume-Uni n’est plus un modèle résistant à toute épreuve: perte du triple A, croissance zéro en 2012 et Londres qui passe derrière Paris au rang des villes les plus attractives pour les investisseurs étrangers. Boris s’en défend. «Il n’y a pas de raison de tirer sur le Royaume-Uni, car si les hommes d’affaires français venaient à quitter la City, cela ne serait pas pour revenir à Paris mais bien pour aller en Asie ou à New York.» Mais il n’est pas non plus dupe du ralentissement économique de son pays: «Il faut stimuler la croissance, s’appuyer sur des investissements massifs dans l’immobilier et les infrastructures».

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