Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan, le 14 février 2013 lors de la présentation des résultats annuels de Renault.
Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan, le 14 février 2013 lors de la présentation des résultats annuels de Renault. - Michel Euler/AP/SIPA

EMPLOI Direction et syndicats de Renault s'apprêtent à signer leur accord de compétitivité. Avant d'être imités par d’autres entreprises françaises?...

Renault, poisson-pilote ? Au moment où le gouvernement vient d’entériner son projet de loi de modernisation du marché du travail qui prévoit notamment la mise en place d’accords de maintien de l’emploi au sein des entreprises, les syndicats et la direction du constructeur doivent approuver ce mardi en comité central d’entreprise, un accord de compétitivité portant sur les usines françaises du groupe, avant de le signer mercredi officiellement. Mais comment en est-on arrivé à cet accord?

D’un côté, il a fallu trancher en faveur des salariés. Le point-clé qui a permis de tout débloquer c'est la concession de Renault sur la mobilité entre les usines. La direction voulait la rendre obligatoire pour les salariés. Finalement, elle se fera sur la base du volontariat. La direction de Renault s’est engagée à «une activité minimum» de 710.000 véhicules en France (630.000 Renault et 80.000 provenant de ses partenaires Daimler et Nissan) contre 532.000 en 2012. Elle s’est donné comme cible un volume de 820.000 véhicules par an fabriqués en France au-delà de 2020. La direction s’est ainsi engagée à rapatrier en France des productions assurées par le site de Bursa (Turquie) et a transférer à Cléon (Seine-Maritime) une partie de la production de Caccia (Portugal).

En contrepartie, si Renault a assuré que tous les sites français seraient sauvés, les effectifs vont toutefois diminuer de plus de 15 % d'ici fin 2016 via le non-remplacement des départs à la retraite, soit 8.260 emplois supprimés en France mais sans plan social, en plus d’un gel des salaires en 2013. Les augmentations pour 2014 et 2015 seront abordées lors des traditionnelles négociations annuelles obligatoires. Enfin, pour séduire les syndicats, Carlos Ghosn, PDG de Renault, a accepté de renoncer provisoirement à 30% de la part variable de sa rémunération.

Par ailleurs, la marque au losange a obtenu de pouvoir mutualiser les services administratifs. Avec cet accord, Renault va diminuer de 300 euros les coûts de fabrication sur chaque voiture produite en France.  Sur le temps de travail, les salariés de Renault travaillaient 34 heures sur certains sites, en raison d'accords sur la pénibilité. Tous les sites de production vont désormais s'aligner sur les 35 heures hebdomadaires, pour atteindre un temps de travail effectif de 1.603 heures annuelles. Certains sites perdront aussi des jours de RTT. 

Ce plan intervient donc en parallèle de la signature des accords de sécurisation de l’emploi  par les partenaires sociaux qui sera examiné au Parlement dès le mois d’avril avril. L’accord Renault pourrait servir de modèle à d’autres entreprises, afin d’éviter les éventuels plans sociaux à venir. «Toutefois, il ne faut pas confondre les deux, rappelle Force ouvrière. Le premier est une initiative interne limitée à Renault et le second devrait être transposé en loi et s’imposer à tous les salariés français.»

Le Medef se félicite d’un «accord qui reprend dans les grandes lignes l’accord gouvernemental.» Il sera applicable «au cas par cas au moment adéquat pour toutes les entreprises de plus de 50 salariés», poursuit l’organisation patronale. «L’accord Renault sera utile à l'entreprise et permettra à l'outil industriel français de concurrencer des usines étrangères», commente la CFDT qui voit pour sa part d’un bon œil l’accord sur la sécurisation. FO craint pour sa part la flexibilité et le NPA parle de généralisation des chantages à l’emploi entre cet accord Renault et celui de sécurisation.


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