Devant l'usine Goodyear à Amiens.
Devant l'usine Goodyear à Amiens. - Michel Spingler/AP/SIPA

Claire Planchard

Voilà une annonce, qui devrait plaire à Maurice Taylor, le sulfureux patron du groupe américain Titan et ex-candidat à la reprise des activités agraires du site Goodyear d’Amiens Nord, menacé de fermeture.

Une semaine après son attaque virulente contre les salariés «fainéants» du site et leurs «syndicats communistes», la CGT, syndicat majoritaire accusé par le gouvernement et la CFDT d'être en partie responsable de la fermeture du site, planche en effet sur un projet de reprise de ces mêmes activités agraires sous forme de Scop (Société coopérative et participative).

«Titan n’a rien à craindre de la concurrence de salariés qui ne travaillent que trois heures par jour!».

«Cette reprise se fera dans les mêmes conditions que celles proposées par la direction de Goodyear à Titan. Nous allons donc voir si elle a les mêmes intentions bienveillantes envers une coopérative de salariés qu’avec M. Taylor», explique Fiodor Rilov, l’avocat de la CGT de Goodyear Amiens.

Une réponse du berger à la bergère? Fiodor Rilov s’en défend. «M. Taylor, avec ses sorties tonitruantes dans les médias, a prouvé que ses propositions de reprise n’étaient pas sérieuses et qu’elles ne l’avaient jamais été», explique l’avocat. «D’ailleurs il doit être lui aussi favorable à ce projet puisqu’il semble envisager de se retirer du périmètre européen et qu’il n’a rien à craindre de la concurrence de salariés qui ne travaillent que trois heures par jour!».