Renault a proposé mardi des départs anticipés à la retraite pour pénibilité à 3.000 salariés sur trois ans, un dispositif réclamé par les syndicats, mais qu'ils interprètent comme un dégraissage alors que la direction n'a pas encore annoncé d'embauches en parallèle.
Renault a proposé mardi des départs anticipés à la retraite pour pénibilité à 3.000 salariés sur trois ans, un dispositif réclamé par les syndicats, mais qu'ils interprètent comme un dégraissage alors que la direction n'a pas encore annoncé d'embauches en parallèle. - Philippe Huguen afp.com

Claire Planchard

2012 restera une année noire pour les constructeurs automobiles français. Selon le tableau de bord publié jeudi par le CCFA, le secteur a renoué avec les pires heures de la crise financière de 2009. Sur l’ensemble de l’année, la production de leurs usines en France a reculé de 16,4%, avec une accélération brutale sur le dernier trimestre (-26,4%). Cela équivaut à une chute de 300.000 voitures en un an, à 1,646 million de véhicules. Pour rappel, en 2009, la production française de voitures avait chuté de 15,3% à 1,5 million d’unités.

Cet effondrement reflète la chute drastique des ventes enregistrée l’an dernier sur le marché européen en recul  (-13,9% en France et -8,2% au sein de l’UE) à 12,05 millions le plus bas niveau jamais atteint depuis dix-sept ans.

Des bilans contrastés

Dans le détail, les situations de Renault et PSA sont très différentes. La marque au losange pour qui la France ne représente plus que 20% des volumes produits en 2012, affiche un recul de 17,6% dans l’Hexagone, mais de seulement 2,1% hors de France, grâce au succès de sa gamme low-cost (+5,7% pour Dacia). Une situation qui pourrait évoluer à l’horizon 2016, avec la signature d’un accord de compétitivité, qui prévoit la suppression de 7.500 postes et des aménagements des salaires et du temps de travail en contrepartie de l’engagement de la direction à produire 710.000 véhicules en France, contre 532.000 en 2012.

A l’inverse, PSA qui produit toujours 38% de ses volumes en France a vu sa production chuter de 15,3% dans l’Hexagone (18,3% pour Peugeot et 12,5% pour Citroën), contre 20,4% hors de France. Une situation qu’il souhaite lui aussi renverser, avec la fermeture de son site d’Aulnay à l’horizon 2014, la suppression de 11.000 postes, la négociation d’un accord de compétitivité, mais surtout le développement son ancrage international, notamment en Chine et en Russie.