Le siège social de PSA Peugeot Citroën à Paris le 12 juillet 2012.
Le siège social de PSA Peugeot Citroën à Paris le 12 juillet 2012. - ANTONIOL ANTOINE/SIPA

B. de V.

20 Minutes a détaillé cette semaine les différentes armes de l’Etat pour sauver les entreprises industrielles françaises. Au rang des solutions se trouve la prise de participation minoritaire, comme le jugeait possible le ministre du Budget Jérôme Cahuzac ce vendredi au sujet de PSA, le constructeur automobile en proie à de vives difficultés financières. Une entrée dans le capital du groupe ensuite démentie par Bercy puis par Jean-Marc Ayrault.

 L’obligatoire augmentation de capital

Toujours est-il que face aux très mauvais résultats du constructeur automobile et à son besoin d’augmentation de capital, le recours à l’Etat via le fonds stratégique d’investissement (FSI) est désormais crédible. «PSA ne le demande pas. Il existe un outil, le FSI, qui peut, si nécessaire, participer au capital. Cette question n'a aujourd'hui pas été posée. Elle ne se pose donc pas», a déclaré le Premier ministre en marge d'un déplacement à Grenoble. La porte est ouverte.

L'Etat a toutefois déjà accordé une garantie de 7 milliards d'euros à la banque interne de PSA en octobre dernier en échange d'un droit de regard sur «toute opération affectant le contrôle ou le périmètre du groupe. Un premier pas symbolique au sein du groupe.

PSA Peugeot Citroën a annoncé ce jeudi des dépréciations d'actifs massives de 4,7 milliards d'euros pour l'exercice 2012, ce qui va entraîner une perte annuelle d'ampleur astronomique. C’est pour cela qu’une augmentation de capital apparaît comme indispensable cette année.

L’Etat, mieux qu’un investisseur privé en temps de crise?

Dès lors, pourquoi l’Etat entrerait-il au capital du constructeur français plutôt qu’un investisseur privé? Dans ce contexte de crise du secteur automobile européen, qui contraint notamment PSA à prévoir 11.000 suppressions de postes en France, l’Etat se place en pole position. N’agissant pas prioritairement sur la base de l’investissement mais dans le but de sauver un étendard industriel français, il semble plus à même d’investir dans ce qui serait considéré comme un pari risqué par un acteur privé dans ce climat de frilosité. Le processus serait en outre plus rapide. 

Pour éviter de devenir une solution de facilité pour les entreprises en difficultés, le gouvernement a calmé le ton ce vendredi, rappelant toutefois qu'il fallait «à tout prix sauver» PSA. Signe qu’il se pourrait fort que pour PSA, la solution s’impose.