Les cinq coupures d'euskos mises en circulations le 31 janvier 2013.
Les cinq coupures d'euskos mises en circulations le 31 janvier 2013. - Miren Iturrioz

Claire Planchard

Si vous habitez à Bayonne, Espelette ou Saint-Jean-de-Luz, il vous est possible depuis jeudi de faire vos courses chez certains commerçants avec des coupures de 1,2,5,10 ou 20 eusko. «Au total 13 bureaux de change sont ouverts, 192 entreprises ont accepté d’adhérer à notre projet dans tout le Pays basque nord, et des dizaines d’autres nous ont contactées», explique Dante Edme-Sanjurjo, membre du comité de pilotage de l’eusko.

Pour constituer son réseau, Euskal Moneta n’a pas fait seulement appel à des commerces bio ou des acteurs de l’économie sociale. Contrairement à certaines monnaies locales très engagées comme l’Abeille de Villeneuve-sur Lot, la Muse dans la région d’Angers ou la Sol Violette de Toulouse, l’eusko mise avant tout sur l’ancrage local. «A l’exception de la grande distribution, on prend tous les candidats là où ils sont, ensuite nous leur proposons l’aide de nos bénévoles pour traduire leur menu ou leur affichage en basque ou pour trouver des fournisseurs locaux», explique Dante Edme-Sanjurjo.

>> Les monnaies locales, comment ça marche ?

En pratique seuls les adhérents de l’association pourront utiliser cette devise locale. Une adhésion conditionnée au paiement d’une cotisation de 5 à 20 euros pour les particuliers et de 60 à 240 euros pour les prestataires. Mais seuls les prestataires pourront reconvertir leurs euskos en euros, avec des frais de commission de 5 % du montant changé. «Cette commission a pour objectif d’inciter les prestataires à développer les débouchés locaux à leurs revenus en euskos, au lieu de les reconvertir en euros. Ce mécanisme renforce l’effet relocalisateur de l’eusko»,  explique l’association sur son site Internet.

Au total, 17 monnaies de ce type circuleraient en France et presque autant sont en projet.