Illustration de fonctionnaires en train de manifester.
Illustration de fonctionnaires en train de manifester. - ALFRED/SIPA

STATUT – Alors que les fonctionnaires sont appelés à se mobiliser jeudi 31 janvier, «20 Minutes» fait le point sur les avantages supposément liés à leur statut...

Les fonctionnaires sont appelés à la grève et à la mobilisation jeudi 31 janvier. Leurs syndicats réclament notamment des hausses de salaire. Mais, à l’heure de la crise et de la rigueur, quelle est exactement leur situation? Leur régime est-il plus favorable que celui du privé? «20 Minutes» fait le point.

Sont-ils mieux payés?

Ca dépend. D’après le rapport sur l'état de la fonction publique et les rémunérations, annexé au projet de loi de finances pour 2013, les fonctionnaires relevant de la fonction publique d’Etat gagnaient, en 2010, 2.459 euros nets. Ceux de la fonction publique hospitalière, 2.205 euros, et ceux de la fonction publique territoriale, 1.800 euros. D’après l’Insee, en 2010, les salariés du privé percevaient en moyenne 2.082 euros.

Les fonctionnaires d’Etat et hospitaliers sont donc en moyenne mieux rémunérés que les salariés du privé, mais ceux-ci sont davantage payés que les fonctionnaires des collectivités. Ceci dit, le rapport note que les deux premières catégories de fonctionnaires ont «une structure de qualification plus élevée».

En bas de l’échelle, les salariés du public sont légèrement mieux rémunérés que ceux du privé: 1.181 euros contre 1.118 euros (Smic) au 1er juillet 2012. Dans l’encadrement en revanche, c’est l’inverse: les premiers gagnent en moyenne 2.977 euros et les seconds, 3.950 euros.

Sont-ils davantage augmentés?

En moyenne, oui. Dans la fonction publique, les augmentations générales –liées au fameux point d’indice- sont bloquées depuis mi-2010 et cette politique devrait continuer. Mais dans ce secteur, les hausses liées à l'ancienneté sont automatiques, ce qui n’est pas toujours le cas dans le privé. De plus, le public n’est pas avare sur les primes et les indemnités: elles ont augmenté de 6,4% en 2010 et de 7,5% en 2009.

Sont-ils moins précaires?

Pas forcément. On le sait, les fonctionnaires ont un emploi garanti à vie, ce qui n’est pas le cas des salariés en CDI. Mais toutes les personnes qui travaillent dans la fonction publique n’ont pas le statut de fonctionnaire. 16,5% des agents, soit 875.000 personnes, selon la Fondation iFrap, n’en bénéficient pas. Ils ont un CDI de droit public, sont vacataires ou encore en CDD.

«Dans le public, les contrats précaires peuvent être de trois ans renouvelables une fois, soit six ans maximum, alors qu'on ne peut dépasser dix-huit mois dans le privé», explique la Fondation au Figaro Magazine. A noter que si les CDD ne peuvent être renouvelés qu’une fois dans le privé, ils peuvent l’être indéfiniment dans le public. 

Ont-ils plus d’avantages?

Il est impossible de comparer les avantages de l’ensemble des salariés des secteurs privé et public. Mais même au plus bas de l’échelle, les salariés du public ont certains privilèges appréciables. Par exemple, «en plus des allocations familiales, les agents payés par l'Etat -fonctionnaires et non-titulaires- perçoivent un «supplément familial de traitement» en fonction du nombre d'enfants à charge, et ce, dès le premier enfant», détaille la Fondation iFrap au Figaro Magazine

Autre point: les arrêts maladie. Depuis le 1er janvier 2012, le premier jour de congé n’est plus rémunéré dans la fonction publique. Mais dans le privé, ce délai de carence est de 3 jours. Il devait même passer à 4 jours en 2012. Le gouvernement y a finalement renoncé et l’a remplacé par une baisse des indemnités maladie pour les salaires de plus de 2.500 euros brut.

A noter que l'absentéisme est plus élevé dans la fonction publique que dans le privé: «Alors que le taux d’absentéisme se maintient historiquement sous la barre des 4% dans les entreprises, il dépasse le plus souvent les 8% dans la fonction publique et atteindrait même 12% dans les collectivités locales», affirme Alain Mathieu, président de l'association Contribuables Associés.

Ont-ils une meilleure retraite?

De moins en moins. Comme le rappelle Capital.fr, «l’âge minimum de la retraite passe progressivement de 60 ans à 62 ans, selon le même calendrier, dans le régime des salariés du privé comme dans celui la fonction publique». Mis à part pour les fonctionnaires de «catégorie active», c’est-à-dire les agents qui occupent des emplois présentant des «risques particuliers» ou des «fatigues exceptionnelles» (agents de police, pompiers, infirmiers, aides-soignants, surveillants de prison, etc.), qui peuvent partir plus tôt (entre 55 et 57 ans, selon les années de naissance).

Les fonctionnaires cotisent également pendant le même nombre de trimestres que ceux du privé. Mais sur ce point, les seconds sont avantagés: «Dans le régime général, les trimestres sont validés à partir du salaire versé: il suffit d’avoir cotisé sur la base de 1.844 euros pour valider un trimestre en 2012, même si on n’a travaillé qu’un mois. En revanche, dans la fonction publique, les trimestres sont validés à partir du temps effectivement travaillé, au prorata du temps de travail pour les agents à temps partiel», note Capital.fr.

Reste qu’avec la méthode de calcul des pensions -50% du salaire moyen des 25 meilleures années pour les salariés du privé, 75% du salaire moyen des six derniers mois dans le public- les seconds conservent l’avantage, la pension moyenne du secteur public reste supérieure à celle du secteur privé : 1.757 euros pour le premier et 1.166 euros pour le second, selon le Conseil d’orientation des retraites (COR).

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