Margaux, 25 ans, jeune entrepreneure, co-fondatrice d'Home'n'Go
Margaux, 25 ans, jeune entrepreneure, co-fondatrice d'Home'n'Go - V. WARTNER / 20 MINUTES

CRÉATION D’ENTREPRISE on l’Insee, en 2012, 38% des entreprises individuelles ont été créées par des femmes...

Depuis décembre, l’Association pour la création d’entreprise (APCE) n’a plus un président, mais une présidente : Frédérique Clavel, la fondatrice de Paris Pionnières. Un signe positif envoyé aux femmes pour leur rappeler que l’entrepreneuriat n’est pas l’apanage des hommes. D’autant que de plus en plus de femmes tentent l’aventure, comme le montrent les chiffres de l’Insee rendus publics ce mardi. Ainsi en 2012, 38 % des entreprises individuelles ont été créées par des femmes, contre 34 % dix ans plus tôt. Elles sont même majoritaires dans certains secteurs : elles représentent ainsi 60 % des nouveaux chefs d’entreprises en 2012 dans l’enseignement, la santé humaine et l’action sociale et 57 % dans les services aux ménages.

L’auto-entrepreneur a débridé les envies

Une montée en puissance qui a été portée par le régime de l’auto-entrepreneur, entré en vigueur en 2009. D’ailleurs 37,3% des auto-entrepreneurs en 2012 étaient des femmes. «Beaucoup de verrous à la création ont sauté, notamment en raison d’une évolution socioculturelle. Aujourd’hui, une jeune fille qui déclare à ses parents son souhait de créer n’est plus fustigée par sa famille, comme cela pouvait le cas,  il y a 20 ans», souligne Xavier Kergall, Directeur général du salon des entrepreneurs qui aura lieu les 6 et 7 février à Paris.

Des réseaux d’accompagnement en plus grand nombre

La médiatisation du mouvement des Mompreneurs, ces femmes qui créent leur entreprise après l’arrivée d’un enfant, a aussi boosté les vocations, comme le souligne Frédérique Clavel : «Quand les enfants sont petits, les mères ont souvent envie de leur consacrer beaucoup de temps. Or, ce n’est pas compatible avec ce qu’attendent d’elles leurs employeurs, qui ont souvent tendance à juger un salarié en fonction de son temps de présence. Créer leur activité peut leur permettre de mieux concilier leur vie professionnelle et leur vie familiale». Enfin,  ces dernières années, «le développement de réseaux d’accompagnement et de pépinières dédiées aux femmes a joué un grand rôle dans leur envie de se lancer», précise Xavier Kergall. Actuellement, il en existerait une cinquantaine comme Actions’Elles, Entreprendre au féminin, Paris pionnières, Femmes et entreprises…

Améliorer l’accès au financement

Reste que si les progrès de l’entrepreneuriat féminin sont réels, son potentiel de développement semble encore très vaste. Selon le sondage de l’Institut Think pour le salon des entrepreneurs rendu public ce mardi, 28 % des Françaises déclarent avoir envie de créer une entreprise. «Il faudrait encore accroitre les réseaux d’accompagnement afin que toutes les porteuses de projet puissent y avoir accès», suggère Frédérique Clavel. «Il faut aussi améliorer leur accès aux offres de financement car elles ont des difficultés à trouver des fonds».  Xavier Kergall estime pour sa part que le gouvernement devrait proposer des aides spécifiques aux porteuses de projet «pourquoi ne pas défiscaliser les heures de garde d’enfants liées aux projets de création ?» avance-t-il.

Frédérique Clavel souligne aussi la nécessité de pousser les entrepreneuses à être plus ambitieuses : «il faut arriver à détecter les entreprises à potentiel et d’orienter les femmes vers les bons réseaux pour passer du statut d’auto-entrepreneur à celui d’EURL ou de SARL».

Des suggestions qui ne manqueront pas d’être évoquées aux Assises de l’entrepreneuriat, lancées par Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes Entreprises, le14 janvier. Elles aboutiront sur des propositions visant à lever les obstacles à la création.

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