Mali: La France n’a-t-elle vraiment aucun intérêt économique à défendre?

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Publié le 16 janvier 2013.

DEFENSE - Sur place, on compte une cinquantaine d’entreprises à capitaux français...

«La France, elle libère. La France, elle n'a aucun intérêt au Mali, elle ne défend aucun intérêt économique au Mali, elle est au service de la paix.» Pour couper court aux critiques qui pourraient se poser au sixième jour de l’intervention française dans son ancienne colonie, le président de la République, lors des vœux à la presse ce mercredi, s’est fait catégorique. A y regarder de plus près, certains points méritent tout de même d’être éclaircis. Même si à première vue, les intérêts économiques ne sautent pas aux yeux. 

Des exportations maliennes marginales

Selon les dernières données du ministère des Affaires étrangères datant de 2010, le pays est le 87e client de la France, et figure à la 165e place comme fournisseur. Les exportations du Mali vers la France, concentrées sur l’or, le coton et le cheptel bovin, ne dépassent pas les 10 millions d’euros par an. En revanche, la France est le quatrième fournisseur du Mali avec un montant de 280 millions d’euros derrière le Sénégal, la Côte d’ivoire et la Chine.


Sur place, on compte près de 50 filiales et sociétés à capitaux français employant 2.000 salariés et une soixantaine d’investissements privés réalisés par des ressortissants français dans l’hôtellerie, la restauration, le bâtiment, les services.

«Il n’y a donc pas d’intérêts économiques majeurs», résume Philippe Hugon, auteur de Géopolitique de l'Afrique. Pour lui, les intérêts humains sont prioritaires. Le Mali compte quelque 5.000 ressortissants français et  près de 100.000 Maliens vivent sur le sol hexagonal. «Les immigrés maliens constituent l’une des premières communautés africaines en France. Certains vont même jusqu’à qualifier la ville de Montreuil (Seine-Saint-Denis) de «première ville du Mali» en terme de population. Le Mali est une des zones les plus vulnérables de la planète pouvant conduire à une situation proche de celle de la Somalie ou de l’Afghanistan», décrypte-t-il dan une récente publication.

Craintes sur les répercussions au Niger

La lutte contre le terrorisme est bien la justification de l’opération Serval. Et limiter par ricochet les répercussions sur les pays limitrophes où la France a des intérêts économiques bien plus importants. A commencer par le Niger, situé au nord-est du Mali. Areva, qui est sur place depuis plus de quarante ans extrait la moitié de son uranium. Quatre de ses employés y ont d’ailleurs été enlevés le 16 septembre 2010 par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

M.B.
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