Ces entrepreneurs français qui ont choisi l'Irlande

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Publié le 19 décembre 2012.

REPORTAGE - «20 Minutes» a rencontré des entrepreneurs français et irlandais pour comprendre ce qui fait de Dublin la Silicon Valley de l'Union européenne...

De notre envoyé spécial à Dublin

«Nous n’aurions pas eu l’idée en France», lâche  David Loyer, co-fondateur de Text Me A Drink, une start-up web basée à Dublin lancée en 2012. Tandis que les «Pigeons» râlent en France contre les choix fiscaux du gouvernement, leurs homologues en Irlande se régalent. Car le pays fait tout pour être une île d’entrepreneurs.

Le gouvernement à l’écoute des startups

L’Irlande est prête aussi bien à accueillir les entreprises étrangères innovantes comme Facebook ou des moins connues (via IDA notamment, une agence qui aide à s’installer et qui a ainsi créé 13.000 emplois en 2011) qu’à développer ses talents locaux, irlandais ou français expatriés. Ici une entreprise se crée en 15 jours contre 6 mois en France. «En Irlande, on ferme et on rouvre le lendemain», ironise Mathieu Gorge, fondateur de Vigitrust et exilé depuis 17 ans. «Il n’y a pas de paperasse comme France», pointe Thomas Martin, directeur général d’Activis Irlande, installé à Dublin depuis six ans. Et pour s’exporter, les entreprises peuvent compter sur les 800 millions d’euros de fonds de l’agence gouvernementale Enterprise Ireland. «Les entrepreneurs crédibles, avec une expérience, déterminés et avec un projet viable sont les profils financés», explique Eoin Costello, , directeur du programme DIT Hothouse.

Vous l’avez compris, l’entreprenariat est la priorité du gouvernement. Des entreprises innovantes pour relever le pays, tel est le message national. «Ici, on se sent aidé», explique David Loyer. «Nous sommes en contact avec le ministère», ajoute Mathieu Gorge. Et ils n’ont pas eu besoin d’un ultimatum comme les «Pigeons» pour rencontrer le gouvernement.

Une véritable atmosphère entrepreneuriale

Les start-up ne paient aucun impôt sur les sociétés les trois premières années avant d’être soumises au ratio de 12,5% (contre 34,43% en France). Mais ces taxes plus légères ne sont pas la seule raison. Les pubs de Dublin sont propices aux affaires. On y emmène ses clients le jeudi ou le vendredi soir. Exit donc les déjeuners d’affaires.  Le niveau de vie est aussi un argument de taille pour justifier l’exil. «Sans les compagnies low-cost qui me transportent au soleil, je ne serais pas resté à Dublin» sourit David Loyer.

«Dublin est le bon endroit pour lancer le prochain Google, confie Grainne Barron, créatrice de ViddyAd. C’est un campus». Le formateur Enterprise Ireland permet de rencontrer de nouveaux créateurs et de nouer des partenariats avec des multinationales. «Il y a une vraie bulle dans les technologies de l’information qui nous protège de la crise», affirme David Loyer. 

La France rime plus avec déception

«Ce qui vexe en France est que la réponse est toujours ‘non’ avant de trouver un arrangement. La France perd aussi des opportunités en fustigeant ses jeunes», déplore Mathieu Gorge.

«J’ai ouvert un bureau et vais créer quatre emplois à Paris. Je n’oublie pas mon pays», ajoute-il. Mais la France a peur des initiatives, là où la «mentalité irlandaise est de foncer», affirme Grainne Barron. Revendiquant la première place européenne des villes les plus propices aux entrepreneurs, Dublin ne figure pourtant pas au rang des vingt premiers écosystèmes de start-up tech mondiaux. Preuve que tout n'est pas encore tout rose à Dublin, où tous ceux qui essaient ne réussissent pas pour autant. Un classement mené par la Silicon Valley et Tel-Aviv et dont Paris n’est que onzième.

Bertrand de Volontat
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