Vue générale de l'hémicycle du Sénat, le 1er octobre 2011.
Vue générale de l'hémicycle du Sénat, le 1er octobre 2011. - WITT/SIPA

Avec Reuters

Le Sénat, où le gouvernement ne dispose pas de majorité stable, a rejeté samedi le projet de loi de finances rectificative 2012 qui comporte notamment le crédit d'impôt compétitivité, la mesure phare du pacte de compétitivité qui doit entrer en vigueur le 1er janvier. Le texte, qui a été rejeté par 182 voix contre 156, devrait toutefois être adopté par l'Assemblée nationale qui a constitutionnellement le dernier mot et qui procèdera le 19 décembre à son examen définitif.

Les élus de l'UMP, les indépendants de l'UDI, le Groupe communiste républicain et citoyen ont voté contre le projet de loi tandis que le PS, les écologistes et les radicaux ont voté pour. Un peu plus tôt samedi, les sénateurs avaient adopté des amendements supprimant le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) par 202 voix contre 143. Les élus de l'UMP et les centristes de l'UDI avaient voté pour la suppression de cette mesure tout comme le groupe Communiste, républicain et citoyen (CRC) et les écologistes. Le groupe PS et les radicaux de gauche ont voté contre son rejet. Le troisième collectif budgétaire de l'année fixe le déficit pour 2012 à 83,6 milliards d'euros (hors recapitalisation de Dexia), soit 4,5% du PIB, et maintient la prévision de croissance à 0,3% pour l'année qui s'achève.

Une échec symbolique, dit Copé
Le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) prévoit l'instauration d'un crédit d'impôt pour toutes les entreprises employant du personnel salarié, ce crédit étant égal en 2013 à 4% de la masse salariale brute pour les rémunérations inférieures ou égales à 2,5 smic, puis à 6% en 2014. Le projet de loi prévoit de modifier les taux de TVA à compter du 1er janvier 2014, le taux réduit de 5,5% étant ramené à 5%, le taux intermédiaire étant porté de 7 à 10% et le taux normal de 19,6 à 20%.

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Le rejet du CICE par le Sénat «symbolise l'incohérence de la politique économique de François Hollande» et la «situation intenable dans laquelle il se trouve», a réagi le président proclamé de l'UMP, Jean-François Copé, qui pointe un «échec particulièrement symbolique» pour le chef de l'Etat. «Sans majorité solide ni stratégie cohérente pour la compétitivité, François Hollande bricole en espérant que la croissance reparte et inverse la courbe du chômage, poursuit-il dans un communiqué. Mal calibré, insuffisant et trop compliqué, cette usine à gaz doit être remplacée par une importante baisse des charges sur le travail, compensée par une fiscalité anti-délocalisations.»