Les charcutiers sont confrontés depuis cet été à une envolée de leurs coûts de production et quatre entreprises ont déjà déposé le bilan depuis septembre, mettant 500 personnes sur la sellette, a-t-on appris auprès du président de la Fédération des industriels charcutiers (FICT).
Les charcutiers sont confrontés depuis cet été à une envolée de leurs coûts de production et quatre entreprises ont déjà déposé le bilan depuis septembre, mettant 500 personnes sur la sellette, a-t-on appris auprès du président de la Fédération des industriels charcutiers (FICT). - John Macdougall afp.com

© 2012 AFP

Les charcutiers sont confrontés depuis cet été à une envolée de leurs coûts de production et quatre entreprises ont déjà déposé le bilan depuis septembre, mettant 500 personnes sur la sellette, a-t-on appris auprès du président de la Fédération des industriels charcutiers (FICT).

La charcuterie alsacienne Iller, qui emploie 250 permanents plus des saisonniers et la petite fabrique de rillettes sarthoise Boussard, qui compte une vingtaine d'employés, sont notamment concernées, détaille Robert Volut, président de la FICT.

«A terme, ce sont 1.000 à 1.500 emplois qui sont menacés»

«Pour toutes ces entreprises, on espère des reprises des outils et des fonds de commerce mais comme notre secteur n'est pas attractif compte tenu de ses marges, ça risque d'être difficile», prévient Catherine Goavec, déléguée générale de la FICT. Par ailleurs, le site de Geo Madrange à Ablis (Yvelines), employant 155 personnes, est en «sursis», la direction recherchant des «pistes et des solutions» pour éviter les licenciements et la fermeture, selon des sources syndicales.

«A terme, ce sont 1.000 à 1.500 emplois qui sont menacés» dans le secteur, qui emploie 35.000 personnes, met en garde Robert Volut.

Conscient de ces difficultés, et de celles des filières porcine et volaille, le gouvernement a convoqué une réunion d'urgence d'ici la fin de l'année «pour éviter des catastrophes et des licenciements», a annoncé le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll.

35.000 personnes employées

Le gouvernement souhaite notamment renforcer les sanctions afin que la grande distribution répercute mieux la hausse des coûts de productions que doivent affronter les agriculteurs et les industriels, a précisé Stéphane Le Foll à l'issue d'une table ronde réunissant tous les acteurs sur le sujet.

La charcuterie industrielle, déjà confrontée à une crise de rentabilité, doit faire face depuis cet été à une augmentation de ses coûts d'environ 10%, due à la flambée du prix de la viande porcine, selon Robert Volut. Or, la grande distribution rechigne à répercuter cette hausse des prix, selon lui. La preuve: les prix de la charcuterie vendue aux consommateurs n'avaient progressé fin septembre que de 2,4% sur un an, rapporte le président du FICT.

Dans le panier alimentaire des ménages, sur 100 euros dépensés, 8 reviennent, aujourd'hui, aux agriculteurs, 11 aux industriels et 21 au commerçant, selon l'Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires.

La charcuterie française emploie 35.000 personnes (soit 8% des effectifs de l'agroalimentaire), au sein de 300 entreprises, des PME en majorité. Elle produit un million de tonnes pour un chiffre d'affaires annuel de 6 milliards d'euros. En 2011, elle a déjà supprimé 700 emplois.