La une de The Economist du 17 novembre 2012, considérant la France comme la bome à retardement de la zone euro
La une de The Economist du 17 novembre 2012, considérant la France comme la bome à retardement de la zone euro - DR

Propos recueillis par Bertrand de Volontat

Déjà sévère avec François Hollande durant la campagne présidentielle, le magazine The Economist en remet une couche à l'égard de la France avec la Une de son édition à paraître samedi intitulée «The time-bombe at the heart of Europe». Autrement dit «La bombe à retardement au coeur de l'Europe», accompagnée d'une photo de sept baguettes de pain, enlaçées d'une banderole aux couleurs du drapeau français et surmontée d'une mèche allumée. S'ensuit un éditorial très critique à l'égard de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault. Provocation ou prise de conscience, le rédacteur Europe de The Economist, John Peet, s'explique pour 20 Minutes...

Pourquoi êtes-vous si alarmistes avec la France?

Nous ne sommes pas alarmistes. Nous parlons de bombe à retardement. Une crise approche si le gouvernement ne fait rien dans l’immédiat. La France a aujourd’hui beaucoup de problèmes économiques. Les Français et le gouvernement français ne le réalisent pas. Le FMI l’a d’ailleurs dit, la France peut potentiellement prendre du retard sur l’Italie et l’Espagne. Les autres pays font beaucoup de réformes y compris la Grèce et le Portugal. Ce n’est pas encore le cas de La France.

Le pacte de compétitivité ne vous a pas convaincu?

Déjà durant la campagne pour l’élection présidentielle, nous avions noté que les problèmes économiques n’étaient pas abordés. Le gouvernement Ayrault a enfin ces derniers mois reconnu le problème de compétitivité, à l’instar de François Hollande durant sa conférence de presse mardi. Mais ce ne sont que des constats, des mots. Il faut agir maintenant.

Cette une de The Economist ne crée-t-elle pas un cercle vicieux en étant volontairement pessimiste? C’est un peu tirer sur l’ambulance...

Cette Une et cet article ont pour objectif d’encourager la France. C’est un pays clé pour l’avenir de la zone euro. L’Irlande, le Portugal, la Grèce sont des pays périphériques. Nous pourrions aujourd’hui dire la même chose de la Grande-Bretagne mais elle ne fait pas partie de la zone. Nous avions été bien plus agressifs avec l’Italie il y a quelques temps. Le style de la maison n’est pas d’être racoleur mais bien de considérer les problèmes, de les analyser et de dire ce qu’il faut faire.

>> L'éditorial de The Economist de cette semaine est à lire en ligne en libre-accès sur le site du magazine