Bill Gates anime une conférence lors du désormais traditionnel Salon des entrepreneurs. 
Bill Gates anime une conférence lors du désormais traditionnel Salon des entrepreneurs.  - ERIC PIERMONT / AFP

Céline Boff

Qui a le plus l’esprit d’entreprendre? L’Américain, serait-on tenté de répondre. A l’inverse, le Français serait un être plus volontiers tenté par le salariat. Mais est-ce vraiment le cas? Le Centre d’analyse stratégique a réalisé une étude sur l’entrepreneuriat en France et l’a comparé à celui de l’Allemagne, du Royaume-Uni et des Etats-Unis. 20 Minutes fait le point.

Idée reçue n°1: Les Français détestent les entrepreneurs 

Certes, le Français est plus critique à l’égard de l’entrepreneur que l’Allemand, le Britannique ou l’Américain. Pour lui plus que pour les autres, l’entrepreneur est celui qui ne pense qu’à son portefeuille et qui exploite le travail des autres. Mais 65% des Français considèrent que devenir entrepreneur est un bon choix de carrière, soit autant qu’aux Etats-Unis, et beaucoup plus qu’en Allemagne et au Royaume-Uni (50%). Les Français apprécient particulièrement le statut d’indépendant, qu’ils associent à l’autonomie et à l’accomplissement personnel. 

Idée reçue n°2: Les Français préfèrent la sécurité

46% des Français expriment une préférence pour le statut de salarié. Ce qui les séduit? La stabilité de l’emploi, les horaires fixes et la protection sociale. Cette préférence est plus marquée que dans les autres pays européens et surtout qu’aux Etats-Unis. Pourtant, 35% des Français considèrent qu’il existe autour d’eux de bonnes opportunités pour créer une entreprise dans les six mois, soit autant qu’ailleurs. Ce phénomène est toutefois très récent en France: en 2003, ils étaient seulement 9% à le penser. Pour le Centre d’analyse stratégique, «le renforcement du désir d’entreprendre en France pourrait passer par une sécurisation accrue du parcours des entrepreneurs».

Quant à la volonté de créer, elle est plus forte… en France: en 2011, 18% des Français déclaraient vouloir monter une entreprise dans les trois ans, contre 11% des Américains, 9% des Britanniques et 6% des Allemands.

Idée reçue n°3: Les Français n’osent pas

Timoré, le Français? Pas vraiment: cette dernière décennie, la création d’entreprises a explosé, en passant de 210.000 unités par an au début des années 2000 à 550.000 en 2011. La création du statut d’auto-entrepreneur en 2009 a joué, mais entre 2001 et 2008, le nombre d’entreprises créé a tout de même progressé de 55%.

Reste que comme les Allemands, les Français doutent: seuls 38% pensent qu’ils ont les compétences nécessaires au démarrage d’une activité, contre 43% au Royaume-Uni et 56% aux Etats-Unis. La peur de l’échec est aussi plus présente en France qu’aux Etats-Unis (37% contre 31%), mais guère plus qu’au Royaume-Uni (36%) et moins qu’en Allemagne (42%). A noter que si cette peur de l’échec progresse dans tous les pays, elle diminue en France. Et ce, alors même que les entreprises nouvellement créées dans l’Hexagone ont un taux de pérennité plus faible qu’ailleurs.

Idée reçue n°4: Les Français créent pour sortir du chômage

Il y a deux raisons majeures à la création: la nécessité –ne pas trouver d’emploi en tant que salarié– et l’opportunité –percevoir de bonnes occasions pour développer une activité et accroître son revenu. Et le Français crée surtout… par opportunité. C’est le cas de 71% des entrepreneurs qui sont en train de monter leur affaire ou dont l’entreprise existe depuis moins de 42 mois, contre 63% aux Etats-Unis, 55% en Allemagne et seulement 46% au Royaume-Uni.