Le siège social de PSA Peugeot Citroën à Paris le 12 juillet 2012.
Le siège social de PSA Peugeot Citroën à Paris le 12 juillet 2012. - ANTONIOL ANTOINE/SIPA

Claire Planchard

Après quinze jours de pause, les discussions autour du plan de restructuration du constructeur automobile ont connu un nouveau coup d’accélérateur cette semaine, avec la présentation mardi du volet «organisation industrielle» du rapport du cabinet d’experts Secafi, le lancement mercredi des négociations sur le volet social du plan et les réunions tripartites sur l’avenir des sites d’Aulnay jeudi et de  Rennes vendredi. Gros plan sur les principales avancées.

La fermeture d’Aulnay confirmée, le projet de réindustrialisation avance

Le verdict des experts est tombé mardi: selon le cabinet Secafi la fermeture du site d’Aulnay à l’horizon 2014 envisagée par la direction est bien «le moins mauvais des scénarios». «Secafi a confirmé qu’il n’était pas viable de le maintenir, tout en précisant que le site aurait pu être sauvé si des investissements avaient été consentis plus tôt», nous a expliqué Franck Don, délégué central CFTC.

Lors d’une réunion tripartite (pouvoirs publics, direction syndicats) sur la réindustrialisation du site organisée jeudi à la préfecture de Bobigny, la direction a donné des précisions sur l’avenir des 4.000 salariés concernés.  La direction espère en reclasser plus de 1.500 sur son site de Poissy. Un chiffre qui pourrait être porté à 2.000 selon le cabinet Secafi.

Pour les autres, PSA a promis 1.500 créations d’emploi dont 1.250 au total seraient déjà assurés. Parmi les projets : l'implantation d’autres activités du groupe PSA, comme la filiale logistique Gefco, mais aussi l'arrivée de nouvelles entreprises, comme ID Logistics à (600 emplois à la clé), le spécialiste du recyclage Galloo a lui aussi (quelques dizaines d'emplois). Des entreprises comme la RATP, la SNCF ou Safran pourraient aussi être mis à contribution.

Des postes à sauver à Rennes

Pour le site de Rennes La Janais, Secafi n’a pas validé mardi le scénario de la direction. Sur les 1.400 suppressions de postes prévues, 150 pourraient être sauvés en R&D et 360 en production en prévision de la fabrication de la remplaçante de la C5, la « X8 » à partir de 2016. «Dans l’attente, deux pistes sont à l’étude : des prêts de salariés aux fournisseurs ou réintroduire des petites opérations qui avaient été externalisées au cours des années passées.  Des mesures qui ne doivent toutefois pas coûter plus cher que le PSE lui-même», souligne Franck Don, de la CFTC.

Vendredi, la réunion tripartite organisée à Rennes a permis de progresser sur plusieurs points. A court terme, des négociations sont en cours pour la prolongation en 2013 de l'Allocation pour chômage partiel de longue durée (APLD) qui permet de compenser les salaires en cas de chômage technique.  «Le préfet nous a dit qu’elles étaient en bonne voie, cela sera confirmé par le ministre. Ce serait une très bonne nouvelle pour les salariés»,  a expliqué Laurent Valy (CFDT) à la sortie de la réunion.

A moyen terme, sur les 1.400 postes visés, PSA promet 400 mobilités internes et 600 reconversions. Des chiffres jugés «un peu utopiques» par le représentant syndical dans un contexte économique peu favorables. En outre, 400 autres postes pourraient être créés par des entreprises extérieures dans le cadre de la réindustrialisassions du site. Des projets devraient être dévoilés début 2013.

Enfin à plus long terme, la direction a confirmé le remplacement de la C5 avec des volumes de 180.000 véhicules par an à l’horizon 2017. Une charge jugée insuffisante par les syndicats au vu du potentiel de 243.000 véhicules du site.  La prochaine réunion tripartite est prévue en début d’année prochaine.

La feuille de route des négociations du volet social

Cela avait été la première concession forte de la direction : le 25 octobre, Philippe Varin avait accepté de négocier les mesures d’accompagnement des salariés dont les postes sont supprimés. Outre Rennes et Aulnay, 3.600 personnes sont concernées sur l’ensemble des sites du groupe, dont 579 à Sochaux et 273 à Mulhouse.

La première réunion s’est tenue mardi au siège de PSA à Paris. Les délégués du personnel y ont défini 7 grandes thématiques de négociations (seniors, personnes fragiles et handicapées, les transferts professionnels, réindustrialisation, mobilités externes et internes et outils à mettre en place pour gérer la période transitoire). Au total six réunion sont désormais planifiées, contre quatre initialement prévues, ainsi que la création de commissions mixtes de second niveau pour plancher sur les détails techniques des dispositions. La prochaine réunion est prévue mardi 15 novembre, le jour même de la présentation du volet social du rapport Secafi.