Une entreprise bienveillante, c'est possible?

11 contributions
Publié le 9 novembre 2012.

MANAGEMENT - Un an après le lancement de son «Appel à plus de bienveillance», le magazine «Psychologies» a réuni vendredi les dirigeants d'entreprises signataires pour dresser un tour d'horizon des bonnes pratiques...

«Bienveillance».  Le mot fleure bon le paternalisme  à l’heure où la crise durcit encore un peu plus les relations au sein des entreprises. Et pourtant  les dirigeants réunis vendredi au Conseil économique social et environnemental à Paris par Psychologies Magazine le confirment: bien être des salariés et rentabilité vont plus que jamais de paire.

Un cadre qui donne de la liberté

«Aujourd’hui on croit que la pression par la peur est la clé de la compétitivité, pour moi c’est une grosse connerie», résumait avec son langage fleuri le DG Europe de Google Carlo D’Asaro. Un de ses principes: ne jamais placer à la tête d’une équipe une personne qui n’a pas réglé ses problèmes psychologiques. «Il y a beaucoup de grands malades aux postes de responsabilité et en France on en fait un mérite», explique-t-il.

Mais chez le géant de l’Internet, les légendaires cafétérias gratuites et espaces détente ne sont qu’un versant d’une stratégie globale visant à mettre les salariés dans «les meilleures conditions pour travailler sereinement. Le fun est l’exutoire qui permet de supporter le cadre que nous nous fixons, avec des rôles bien définis, une structure claire et rythmée de façon régulière», note le dirigeant. «C’est ce cadre qui donne de la liberté »

Leviers d’efficacité et d’image de marque

Chez Ferrero, «améliorer la compétitivité de l’entreprise par le capital humain» est une ambition affichée.  Pour attirer et fidéliser ses salariés dans son siège en Seine Maritime, le groupe propose ainsi une crèche pour les plus petits, un mini club pour les plus grands, une salle de sport mais aussi un vaste programme de formation. «Le confort, c’est aussi mettre les gens dans de bonne conditions pour travailler et cela passe par le renforcement de l’employabilité», explique Frédéric Thil, directeur général France. Le défi de demain : «créer des ponts dans les deux sens» entre ces initiatives et l’image du groupe et de la marque auprès de ses clients pour susciter une «préférence». «La bienveillance est juste stratégiquement, alors autant joindre l’utile à l’agréable».

Au sein du cabinet de KPMG, le bien être au travail commence aussi par des petits gestes quotidiens, comme dire bonjour, ne pas envoyer de mail le dimanche ou organiser de réunion après 18h30. Des bonnes pratiques formulées par les salariés et consignées dans deux chartes sur les rapports managériaux et l’équilibre entre vies privée et professionnelle «dans un souci de les intégrer avec le business et le travail au quotidien»,  explique Sylvie Bernard-Curie, DRH et associée. Pour la mettre en œuvre, l’angélisme n’est pas de rigueur: «on change parce qu’on a quelque chose à gagner ou à perdre. Pour faire appliquer ces chartes, on a une arme totalement fatale : l’argent», explique-t-elle. Bisounours s’abstenir.

Combattre le «court-termisme et la financiarisation»

«L’impulsion doit être donnée du sommet de l’entreprise, tout comme l’exemplarité, indispensable à la crédibilité de ce type démarche » confirme Henri Lachmann, président du conseil de surveillance de Schneider Electric et auteur d’un rapport sur le bien être et efficacité au travail remis en décembre 2011 au Premier ministre François Fillon

Quant à l’amélioration des comportements, elle ne peut être tirée selon lui que par une évaluation régulière «de 5 à 10 indicateurs non financiers» de l’entreprise.. «La rentabilité est un moyen et une discipline indispensables de l’entreprise mais pas un but en soi», explique-t-il. «Le court-termisme et la financiarisation des entreprises», voilà pour lui les pires ennemis de la «bienveillance» sur le lieu de vie qu’est l’entreprise. Pas sûr que des chartes suffisent à les combattre...

Claire Planchard
publicité
publicité
publicité

publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr