La première promesse du candidat Hollande va voir le jour en conseil des ministres ce mercredi. «Je créerai une Banque publique d’investissement (BPI). Je favoriserai le développement des PME, le soutien aux filières d’avenir et la conversion écologique et énergétique de l’industrie», déclarait le candidat socialiste au début de sa campagne à l’élection présidentielle.
Alors que la France s’enfonce dans la crise, la BPI, doit, selon une source gouvernementale, œuvrer au redressement de l'économie et au renouveau industriel du pays».
Qui dirigera la BPI?
La BPI sera détenue à parts égales par l'Etat et la Caisse des dépôts (CDC), son bras financier. La présidence non exécutive sera assumée par un intime du président de la République, Jean-Pierre Jouyet, le directeur général de la CDC. Selon les rumeurs les plus insistantes, la direction générale, « le cœur du réacteur», reviendrait à l’ex-dirigeante d’Areva, Anne Lauvergeon. Les noms de Louis Gallois, ancien président d'EADS qui doit remettre à Matignon un rapport sur la compétitivité début novembre, François Drouin, le patron d'Oséo et Dominique Marcel, ancien numéro deux de la CDC, circulent aussi.
Mais le futur patron opérationnel n’aura pas les mains libres. En effet, les régions seront chargées de présider le comité national d'orientation de la BPI.
C’est quoi exactement cette banque?
Ce nouveau bras armé de la politique économique regroupera les activités d'Oséo, l'actuelle banque publique de financement des PME et de l'innovation, le Fonds stratégique d'investissement (FSI) qui prend des participations dans des entreprises hexagonales et de CDC Entreprises, filiale de la Caisse des dépôts. Sa force de frappe sera de 45 milliards d’euros. Il sera structuré autour de deux pôles: le premier consacré aux prêts et aux garanties avec Oséo, le second aux investissements en fonds propres avec CDC Entreprises et le FSI. A terme, elle devrait en plus intégrer Ubifrance qui accompagne les entreprises à l'exportation.
Ca sert à quoi une banque publique?
La BPI aura pour ambition d'accompagner les PME, qui ont du mal à se financer, au plus près avec un guichet unique dans chaque région. Mais est-ce suffisant? «Non, car il faut un accompagnement des banques, prévient Louis Schweizer, président d’Initiative France. La BPI ne doit pas s’y substituer, elle doit être un effet de levier et permettre d'ouvrir aux TPE et PME l’accès aux crédits bancaires.»
«La BPI ne fournit pas les clients», poursuit-il. Il précise que les entreprises devront également remplir leur carnet de commandes pour redevenir compétitive.
La BPI est-elle nécessaire?
Les plus sceptiques y voient un énième dispositif public de soutien à l'économie. «La BPI est encore un bel exemple de ce système pyramidal à la française, très énarquien, où l'Etat et les régions pilotent tout», commente Jean-Claude Volot, candidat déclaré à la présidence du Medef. De l’avis de Louis Schweizer, «il y a aujourd'hui un problème de notoriété et d'information. Les créateurs et jeunes entreprises ne connaissent pas les mécanismes. L'enjeu est aussi celui de la confiance en l'avenir.»