Pourquoi une banque brésilienne se paie-t-elle Nicolas Sarkozy pour une conférence?

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Publié le 14 octobre 2012.

CONFERENCE - L'ancien président de la République donne jeudi, à New York, une conférence privée organisée par une banque brésilienne qui lui verserait selon les rumeurs la somme de 100.000 dollars...

C’est un peu comme se payer Al Pacino pour son court-métrage à l’école. «Il faut taper fort pour attirer l’attention», attaque d’entrée un expert en communication des marques. Résultat, selon les rumeurs, la banque brésilienne BTP Actual aurait allongé 100.000 dollars à Nicolas Sarkozy pour s’exprimer ce jeudi, à partir de 18h (heure de Paris), durant 90 minutes, pour une conférence privée devant des investisseurs. Si son entourage a refusé de confirmer sa présence, l’information a depuis été confirmée par l’hôtel Waldorf Astoria de Park Avenue, à New York.

Une première pour Sarkozy…

Pour l’ancien chef de l’Etat, il s’agit d’une première. Le Canard enchaîné du 29 août dernier avait indiqué que la banque d’affaires américaine Morgan Stanley lui aurait déjà proposé 250.000 euros pour une conférence de 45 minutes. Un scoop depuis démenti. Mais quel est l’intérêt pour l’institution sud-américaine de s’offrir l’ancien chef de l’Etat?

«Les ex-dirigeants de pays ont la capacité d’attirer les décideurs de grandes entreprises ou groupes internationaux», explique Vincent Chaudel, directeur de la communication de Kurt Salmon. Et si notre ancien Président n’est pas particulièrement un spécialiste de l’Amérique latine, «il n’est pas là pour ça». Un grand nom donne de l’ampleur à l’événement. Et un joli coup de pub à l’établissement financier. «Si cette banque est prête à mettre le prix, c’est aussi peut-être qu’il y a un excellent rapport qualité-prix, s’y tente Bertrand Chovet, directeur général du cabinet de conseil Interbrand. Un intervenant connu avec cette médiatisation et cette capacité d’orateur vaut les meilleurs achats publicitaires.»

L’occasion, par là même, de récompenser ces plus fidèles clients. «Seuls les happy few sont conviés à cet événement surmédiatisé, mais privé. L'exclusivité, la rareté confère un sentiment de privilégié et de fierté à l'ensemble des invités. Et cela coûte de l'argent», ajoute Vincent Chaudel.

…qui reste «bon marché»

Mais Nicolas Sarkozy serait presque bon marché. L’ancien Premier ministre travailliste Tony Blair demanderait jusqu’à 200.000 euros par intervention. L’ancien vice-président américain, Al Gore, réclamerait 150.000 euros par prestation, tout comme l’ancien président du Pakistan Pervez Musharraf. En «bas de l’échelle», Gerhard Schröder, l’ancien Chancelier allemand, serait payé au minimum 50.000 euros tout comme Mikhaïl Gorbatchev.

Le champion en la matière reste Bill Clinton qui depuis dix ans a amassé pas moins de 75 millions de dollars.

>> Le juteux business des chefs d'Etat à la retraite

Bertrand de Volontat
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