Un an de la mort de Steve Jobs: «Apple reste un candidat sérieux à la rupture technologique»

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Publié le 5 octobre 2012.

INTERVIEW - Sans son maître, Apple peut-il encore se repenser et garder ses distances avec la concurrence?...

Un an déjà que Steve Jobs est mort (5 octobre 2011). Le temps passe vite et le retard s’engrange pour Apple, orphelin de son inventeur Géo Trouvetout et précurseur du smartphone qui a porté la marque au firmament de l’innovation high-tech. Et a emporté avec lui ses secrets. C’est du moins ce que prédisent les observateurs  au vu des évolutions récentes des concurrents de la marque à la pomme croquée. 20 Minutes a interviewé Philippe Torres, directeur du département Conseil et Stratégie numérique de l'Atelier, cellule de veille technologique du Groupe BNP Paribas.

Apple doit-il craindre la concurrence?

Je ne pense pas car personne n’est capable aujourd’hui de faire mieux en termes d’innovation. Apple nous a certes habitués à si bien que nous avons été déçus par l’iPhone 5. Mais cet effet déceptif est à la hauteur des surprises que nous avons connues depuis 10 ans et les débuts de l’iPod et des Apple Store. Pourquoi aujourd’hui Apple devrait-il créer une rupture alors que personne ne fait mieux? Apple doit continuer à faire les meilleures marges possibles sur ce qui existe déjà. Il a une longueur d’avance, sans vrais challengers.

Google développe les lunettes à réalité augmentée, Samsung la tablette souple. Apple va être lâché?

Le propre d’Apple n’est pas de financer la recherche, mais de créer les meilleurs produits du monde, selon Steve Jobs, une fois que la technologie existe. Quand Apple sort l’iPhone en 2007, l’écran tactile n’est pas inventé cette année-là, mais bien deux ans auparavant. La force d’Apple est ensuite de créer un marché là où il n’y en a pas et surtout de se servir de son objet technologique afin d’accéder à son écosystème (iTunes, AppStore, etc.) qu’il a créé en amont. Apple s’est lancé dans l’e-commerce en 1997! Aujourd’hui, il est trop risqué d’être disruptif, car le risque doit être proportionné aux retours.

Donc l’innovation chez Apple sans Steve Jobs, c’est fini?

Apple reste un sérieux candidat à la rupture technologique. Ils nous ont surpris sur le marché de la musique puis du téléphone où personne ne les attendait. Peut-être demain avec la télévision. Il a déjà le contenu mais il lui manque encore l’ergonomie. Mais à la question de savoir si Apple fera mieux sans Steve Jobs, il est dur de répondre car nous n’avons jamais eu à nous la poser auparavant. Quand Steve Jobs a été écarté dans les années 80-90, Apple s’est un peu égaré. Mais nul ne doute que la question de l’avenir d’Apple se serait posé en ces termes également si Steve Jobs avait été vivant. La concurrence aujourd’hui existe mais la marge est encore importante.

Propos recueillis par Bertrand de Volontat
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