Sur Facebook, les entrepreneurs se réunissent autour du groupe Les Pigeons.
Sur Facebook, les entrepreneurs se réunissent autour du groupe Les Pigeons. - N. CALVO VWPIC/ SUPERSTOCK / SIPA

DECRYPTAGE Tout ce qu'il faut savoir sur le mouvement de protestation des jeunes entrepreneurs qui a conduit Bercy à revoir son projet de budget 2013...

Pourquoi «Geonpi»?

«Geonpi» ou «pigeon» en verlan c’est le hashtag qui a envahi les réseaux sociaux depuis une vendredi dernier à l’annonce du projet de loi de finances pour 2013. L’idée: dénoncer le matraquage fiscal dont seraient victime les entrepreneurs français si le projet de budget était adopté en l’état et en particulier son volet sur la taxation des plus-values mobilière, c'est-à-dire la cession des parts détenues dans les sociétés. En choisissant le nom «pigeon», ses créateurs voulaient lancer une sorte de mouvement des «indignés» version jeune entrepreneur 

Comment est né le mouvement?

A l’origine de la vague d’indignation, une tribune publiée dès vendredi matin sur LaTribune.fr par Jean-David Chamboredon, patron du fonds des entrepreneurs Internet ISAI, et l'un des plus importants «business angels» français. Selon le journaliste du Monde, Samuel Laurent, le mouvement s’est amorcé plus tard dans la soirée sur Facebook après une discussion entre Carlos Diaz, PDG de la société Kwarter, Fabien Cohen, PDG de Whoozer, Nathanaël Ramos, lobbyiste et coach d'entreprises et Ouriel Ohayon, ex-animateur de TechCrunch. Le mouvement aurait été officiellement lancée à 22 h 39 avec la création de la page Facebook "Les Pigeons, mouvement de défense des entrepreneurs français".

Où agissent les geonpi?

Essentiellement sur les réseaux sociaux: c’est sur Facebook et Twitter que le mouvement a commencé à recruter ses premiers soutiens dès vendredi soir après la présentation du PLF 2013. Une semaine plus tard à 13h45, la page Facebook comptait 52.992 fans. Buzz oblige, les pigeons se sont ensuite massivement exprimés dans les médias, (20 Minutes compris) pour expliquer les raisons de leur coup de gueule. Si bien qu’en moins d’une semaine ils ont reussi à avoir leurs entrées à Bercy: Jeudi, le ministre de l’économie Pierre Moscovici et la ministre déléguée aux PME Fleur Pellerin les ont reçu pour écouter leurs revendications en vue d’amender le projet de loi de finance lors des débats devant le Parlement.

Qui sont-ils?

Les Geonpi sont essentiellement de jeunes entrepreneurs issus de la des start-up et des entreprises high tech.. Parmi les noms les plus connus présents mercredi à Bercy, Marc Simoncini, le fondateur de Meetic ou Olivier Duha, le patron du réseau d’entreprise innovantes Croissance Plus.  Les mouvement représentant le patronat Medef et CGPME n’ont que tardivement pris le train en marche en apportant leur soutien au mouvement spontané.

Que veulent-ils?

«Les entrepreneurs créateurs de valeurs ne doivent pas être taxés comme les entrepreneurs rentiers» c’est ainsi que Thibault de Lanxade, pdg d’Aqoba et défenseur de la première des pigeons résumait mercredi à 20 Minutes l’idée maitresse du mouvement. Leur principale revendication  diminuer la durée totale de détention permettant de bénéficier d’une exonération totale et prévoir des seuils d’abattement plus favorables à la sécurisation du capital investi par les jeunes entrepreneurs. Sans cela, toute dynamique entrepreunariale serait tuée en France. 

Se sont-ils fait entendre?

C’est l’impression donnée par le gouvernement. Dès vendredi matin, Pierre Moscovici a déclaré être prêt à entendre les pigeons pour trouver avec eux des amendements. C’était chose faite dès 16 heures avec une réunion à Bercy où le ministre a proposé des aménagements aux textes. Notamment sur la part du capital à réinvestir pour bénéficier d’une exonération. Une reculade du gouvernement ? Au lendemain, de la réunion les avis étaient partagés, les «pigeons» ont annulé leur appel à la manifestation mais entendent ne pas relacher la mobilisation.  Depuis un nouveau hashtag envahi twitter «#enfumage».

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