Guillaume Pépy: «Quand on le peut, nous devons offrir des tarifs plus bas»

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Publié le 24 septembre 2012.

INTERVIEW - Nouvelles cartes d'abonnement, trains à bas prix, plan d’urgence en Ile-de-France... Le PDG Guillaume Pépy dévoile la stratégie du groupe pour les mois à venir...

En marge du Salon mondial des technologies ferroviaires organisé la semaine dernière à Berlin, Guillaume Pépy a reçu 20 Minutes.

Quel est l'état de santé de la SNCF dans ce contexte de crise?

Guillaume Pépy: Elle résiste plutôt bien, car le train a le vent en poupe. La fréquentation a augmenté d’environ 5% depuis le début de l’année. La hausse du prix des carburants pousse de plus en plus d’usagers du quotidien à prendre les transports collectifs qui coûtent trois fois moins cher. Et sur les grandes lignes, on sent l’envie d’utiliser un transport responsable, qui émet moins de gaz à effet de serre, et plus sécuritaire.

Que proposez-vous aux Français frappés par la baisse du pouvoir dachat?

Nous les aidons à voyager moins cher. C’est une réalité pour les TER avec une panoplie de tarifs sociaux, et de cartes d’abonnement mises en place par les régions. Idem pour les TGV. En plus des trains 100% Prem’s, nous ajoutons des Intercités et des TGV éco qui seront lancés pour ces derniers au premier semestre 2013, au départ de Marne-la-Vallée jusqu’à Montpellier et Marseille en passant par Lyon, avec un million de places à moins de 25 euros. A cela s’ajoute cinq nouvelles cartes disponibles dès le 25 septembre. La carte Enfant + (75 euros), accessible jusqu’à la veille des 12 ans avec des réductions de 25 à 50% pour l’enfant et 4 accompagnateurs. Les cartes 12-17 et 18-27 ans (50 euros) avec des réductions de 25 à 60%. Et pour cette dernière, en plus, jusqu’à 50.000 places disponibles par mois, quatre jours avant le départ, à des prix Prem’s. Une carte de réduction Week-end (75 euros) avec 25 à 50% de réduction pour le titulaire et la personne qui pourrait l’accompagner. Enfin la carte Senior + (65 euros) avec 40% de réduction garantie en 1ère classe et jusqu’à 50% en seconde.

Quand votre concurrent Deutsche Bahn veut devenir à tout prix le numéro un mondial des transports, vous insistez davantage sur la qualité de service. Pourquoi cette différence de stratégie?

SNCF cherche avant tout à s’adapter aux exigences fortes des clients. La première, c’est la qualité de service, et les résultats sont plutôt encourageants. Les travaux sont notre grand défi. Comment faire circuler les trains à l’heure avec des travaux sans précédents comme sur Paris-Orléans, Limoges-Toulouse ou Marseille-Nice. De plus, les exigences des clients ont considérablement changé avec la crise. Ils veulent des tous petits prix, mais aussi plus de lien et d’autonomie. Au fond, c’est «oui au train, mais un train avec des services, pour lequel on veut être accompagné avec de l’info en temps réel.

Pourquoi la perception des Français à l’égard de la SNCF reste-t-elle malgré tout mitigée?

Quand l'entreprise change de dimension, elle a grossi de 45% en cinq ans avec un chiffre d’affaires de 32,6 milliards d’euros en 2011, quand l'entreprise devient multimobile, c'est-à-dire une entreprise du train, mais plus que du train, quand l’entreprise s’internationalise, même si elle reste française à 77%, l’image chez les Français reste encore celle du monopole du train en France.

Une baisse des prix est-elle envisageable dans les années à venir?

Les prix du train n’augmentent pas plus que l’inflation. Mais il faut faire mieux. Quand on le peut, pas aux heures de pointe, nous devons offrir des tarifs plus bas. Pour cela, l’efficacité d’organisation, y compris celle du travail, doit être meilleure. C’est l’énorme chantier qui est devant nous. Pour les TER, les régions qui sont nos clients veulent plus de service public et pour moins cher. Ils ont raison. Nous sommes au travail pour réduire les devis. En Bourgogne, par exemple, la facture a baissé de 10% avec un trafic en hausse de 15%.

Où sera la SNCF en 2020?

SNCF est et restera un motif de fierté pour les Français. Dans huit ans, SNCF sera, j’espère, sur le podium des entreprises françaises qui exportent, et qui créent de l’emploi en France. J’espère qu’elle maîtrisera tous les modes de transport écologique, tout en ayant réduit sa consommation d’énergie de 20%, et en utilisant 24% d’énergies renouvelables, contre 12% actuellement. Enfin, elle conservera, comme une obsession, la priorité aux transports de la vie quotidienne.

Justement, vous parlez durgence absolue en Ile-de-France.

Les besoins sont immenses. La modernisation des lignes de RER A, C et D est incontournable. Des décisions doivent être prises. Quant à la nouvelle ligne B, elle ouvrira à l’été 2013 et sera exploitée comme un métro avec arrêt à chaque station. Les trains seront neufs avec au final 20% de sièges en plus.

Quid de la liaison entre laéroport de Roissy et Paris?

Pour la première fois, les dirigeants d’ADP, de RFF, de la RATP et moi-même sommes d’accord pour réaliser le projet CDG Express, qui nécessiterait un milliard d’euros d’investissement. Il relierait directement la gare TGV de Roissy à la Gare de l’Est pour un trajet de 20 minutes contre le double aujourd’hui. C'est naturellement au gouvernement de prendre la décision.

Propos recueillis à Berlin par Mathieu Bruckmüller
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