La plage d'une île grecque.
La plage d'une île grecque. - SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

C.B.

Souvenez-vous. En 2010, Josef Schlarmann, un député allemand, soumettait à la Grèce l’idée de vendre ses îles afin de rembourser ses abyssales dettes. La suggestion avait alors provoqué l’émoi du peuple hellénique.

Deux ans plus tard, l’intérêt porté par les Grecs au patrimoine de leur Etat n’est plus le même. Pour eux, l’urgence et la colère sont ailleurs: ils vivent leur cinquième année consécutive de récession et sont confrontés à un chômage toujours plus en expansion –ce taux atteint 24,4% cette année et devrait frôler les 30% l'an prochain.

Et puis, leur pays a décidé non pas de vendre ses îles, mais de les proposer à la location pour… 40 à 50 ans. En ces temps de crise, cette nuance pourrait presque compter. «Nous avons choisi des îles situées non loin du continent. Elles possèdent des infrastructures développées et leur location ne constitue aucune menace pour la sécurité nationale du pays», explique Andreas Taprantzis, directeur exécutif de la HRADF, l'agence de privatisation grecque, à l'agence Bloomberg. 

De 3 à 45 millions d’euros

Résultat: 47 îles et îlots inhabités, allant de 50 à 300 hectares, sont donc proposés à la location. Et un catalogue officiel a même été édité pour les présenter. «Ces îles se situent dans les Cyclades, le golfe d’Eubée ou d’Argolide et en mer Ionienne», détaille Le Figaro.

Des petites perles de beauté et de tranquillité, à acquérir à partir de 3 millions d’euros, et jusqu’à 45. D’après certains médias grecs, cette proposition intéresserait Israël «qui étudierait la possibilité de construire une base navale dans cette partie de la Méditerranée». 

Rappelons qu’au mois d’août, les autorités grecques avaient déjà vendu aux enchères 19 îles, non habitées, à 3 euros le mètre carré.

Matthieu Pigasse dans le dossier

Cette fois-ci, la Grèce communique sur cette opération «avec la complicité du banquier Matthieu Pigasse», note Le Figaro. Pour mémoire, Matthieu Pigasse, patron de la banque Lazard à Paris, a récemment fait l’actualité dans le dossier de la Banque publique d’investissement.

En tout cas, si vous avez 3 millions d’euros ou plus à débourser, sachez que l’affaire pourrait se révéler juteuse puisque les acheteurs auront la possibilité de bâtir, sur ces îles en location, des complexes touristiques haut de gamme. Chose quasi-impossible d’ordinaire. La crise est décidément toujours, pour certains, une belle source d’opportunités.