Fusion EADS-BAE: Pourquoi les investisseurs paniquent

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Publié le 13 septembre 2012.

DECRYPTAGE - Le marché se méfie du projet de fusion annoncé mercredi avec le Britannique BAE Systems...

Après le coup de tonnerre, la dégringolade. Jeudi, le titre du géant européen de l'aéronautique et de la défense chutait de plus de 10% à la Bourse de Paris, au lendemain de l’annonce de discussions qui donneraient naissance à un nouveau leader mondial du secteur. Retour sur les enjeux et les incertitudes qui entourent le projet.

De quel projet discutent-ils?

Selon le projet dévoilé mercredi, les actionnaires du groupe britannique détiendraient 40% du capital et ceux d'EADS les 60% restants. Les Etats français, allemand et britannique disposeront d'une action préférentielle de type «golden share» dans le groupe qui pourrait naître de la fusion. Ils ont précisé que la fusion n'aurait pas d'impact sur Airbus et ses employés.

Pourquoi les deux groupes étudient-ils ce rapprochement?

Peser face à l’Américain Boeing et plus largement face à la concurrence mondiale, c’est la principale motivation des deux groupes. Pour cela, ils comptent sur leur complémentarité. En termes d’offre, d’abord, EADS jouit d’une grande force de frappe dans le civil grâce à Airbus, mais pèche dans le domaine militaire. Or c’est un des atouts de BAE, qui dispose aussi d’une grande expertise dans les services (sécurité, cyberattaques…) mais aussi en matière navale. Rapprocher les deux groupes permettrait donc de créer une offre transversale bâtie sur un système bicéphale équilibré et capable de traverser plus sereinement les cycles économiques du marché. En termes de positionnement géographique, enfin, ce rapprochement renforcerait l’implantation mondiale des deux groupes, BAE étant particulièrement présent au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, en Inde et en Arabie saoudite, alors qu’EADS a construit sa puissance en Europe continentale, au Moyen-Orient et en Asie.

Alors pourquoi les investisseurs ne se réjouissent-ils pas?

En réalité, beaucoup d’incertitudes pèsent sur la concrétisation de l’opération. Et les investisseurs ont horreur de l’incertitude. «La fusion pose un certain nombre de problèmes techniques et politiques», expliquait jeudi soir à l’AFP Renaud Murail, gérant chez Barclays Bourse.

Le premier point d’interrogation concerne le feu vert des actionnaires: Lagardère, bien sûr, qui détient 7,5% d’EADS, mais surtout les gouvernements parties prenantes, l’Allemagne et la France pour EADS et le gouvernement britannique pour BAE. Les deux groupes opèrent en effet dans les domaines de la Défense, un secteur de souveraineté par excellence. Un rapprochement comporte donc une dimension politique et diplomatique majeure. Par ailleurs, «le fait que l'Etat britannique dispose d'une action préférentielle de type golden share dans BAE [type d'actions qui permet à son détenteur d'opposer un véto à certaines résolutions du conseil d'administration] et le fait qu'EADS dispose de filiales en France, Espagne et Allemagne pourraient retarder le processus de fusion», indique Citigroup.

Second écueil: les deux groupes doivent obtenir le feu vert de l’Autorité européenne de la concurrence. Or le temps presse. Le code britannique des fusions-acquisitions ne leur donne en effet que 28 jours pour concrétiser leur projet de fusion. Ils ont donc jusqu'au 10 octobre à 18 heures pour annoncer une transaction définitive ou dire qu'ils y renoncent.

Claire Planchard
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